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Textes externes - Page 5

  • Le projet Eurabia ou l'escroquerie libérale pure et dure

    Ceux qui me connaissent et connaissent mon blog savent que j'ai toujours dénoncé l'escroquerie Eurabia dont j'ai même reconstitué les réseaux et les financements (David Horowitz et certains dits think tanks, Heritage Foundation au premier chef, et autres réseaux libertariens dont Opus Déi).
    Mais on ne dénonce jamais assez cette foutaise qui se sert du prétexte d'une prétendue invasion islamique et de la peur de l'islam pour répandre le seul véritable danger qui nous menace et qui est le libéralisme contre l'Etat en général.



    « Eurabia » ou l’impact fracassant d’un essai fumeux

    Le mythe de l’invasion arabo-musulmane

    La maison du maître d’école « vendue par la mairie et transformée en mosquée »… Ces propos — pour le moins approximatifs — tenus le 11 avril sur Europe 1 par le philosophe Alain Finkielkraut révèlent des fantasmes désormais très répandus. Notamment grâce à « Eurabia », paru en 2005.

    par Raphaël Liogier, mai 2014

    A l’automne 1956, la France et le Royaume-Uni, alliés d’Israël, occupent pendant quelques jours le canal de Suez, récemment nationalisé par le président égyptien Gamal Abdel Nasser. Mais, sous la pression soviétique et américaine, ils sont contraints de se retirer. En réaction à cette attaque, Nasser décide d’expulser des milliers de Juifs d’Egypte. Parmi eux se trouve une jeune femme dont le regard sur le monde sera surdéterminé par le traumatisme de l’expatriation : Gisèle Orebi, devenue plus tard célèbre sous le nom de plume de Bat Ye’or (« fille du Nil » en hébreu), mettra au point la version la plus radicale du complot musulman contre l’Occident.

    Après avoir « gangrené » le Vieux Continent, affirme-t-elle, la« civilisation arabo-musulmane » en fera la conquête. Cette prédiction apocalyptique constitue la trame du best-seller qu’elle publia aux Etats-Unis en 2005, après plusieurs décennies de maturation : Eurabia,traduit en hébreu, italien, néerlandais et français (Jean-Cyrille Godefroy, Paris, 2006). Le sous-titre, L’axe euro-arabe, renvoie aux « forces de l’Axe » coalisées autour de l’Allemagne nazie durant la seconde guerre mondiale. D’après Bat Ye’or, citée en référence dans le manifeste du tueur norvégien d’extrême droite Anders Behring Breivik, un monde arabo-musulman conquérant serait en passe de submerger une Europe décadente et cynique. Celle-ci aurait marchandé, en échange d’une pluie de pétrodollars, son soutien indéfectible à la Palestine, l’ouverture béante de ses frontières méditerranéennes et l’acceptation, in fine, de l’islamisation.

    Ce scénario pour le moins grossier (1) a connu un succès inattendu, au point de devenir un argument majeur de l’extrême droite européenne. En France, la présidente du Front national (FN), Mme Marine Le Pen, ne cesse de fustiger l’« impérialisme islamiste », qui se manifeste selon elle par l’ampleur des investissements saoudiens et qataris à l’étranger, et l’« islamisation de l’Europe », visible à travers le port du foulard (2). Son conseiller aux affaires internationales, le géopolitiste Aymeric Chauprade, déclarait quant à lui, quelques mois après le début du « printemps arabe » : « En favorisant l’effondrement des régimes autoritaires qui formaient le dernier écran protecteur de l’Europe face à la misère africaine, nous avons libéré des énergies qui vont travailler au service de trois buts : davantage d’immigration vers l’Europe, davantage de trafics, davantage d’islamistes. » (Valeurs actuelles, 25 septembre 2011.)

    Initialement confinée à quelques groupes extrémistes (en France, le Bloc identitaire, Riposte laïque, l’Observatoire de l’islamisation, etc.), la thèse d’Eurabia s’est diffusée et banalisée. Les partis politiques qui la défendent obtiennent des scores honorables aux élections. En Suisse, elle est portée par l’Union démocratique du centre ; en Norvège, par le Parti du progrès ; en Autriche, par le Parti libéral ; outre-Manche, par le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni. Des intellectuels la promeuvent, certains explicitement, comme la journaliste italienne Oriana Fallaci (disparue en 2006), citée dès la première ligne du premier chapitre d’Eurabia, l’économiste allemand Thilo Sarrazin ou le romancier français Renaud Camus (3). Tous rencontrent de vifs succès en librairies.

    Mais la vision de Bat Ye’or fait aussi vendre des journaux : on ne compte plus les « unes » de magazines consacrées à la « menace » musulmane. Quand L’Express met en scène le combat de « L’Occident face à l’islam » (6 octobre 2010) ou assène « Les vérités qui dérangent » sur l’islam (11 juin 2008), Le Point répond en agitant « Le spectre islamiste » (3 février 2011), promet de révéler « Ce qu’on ne dit pas sur la burqa » (21 janvier 2011) ou s’emporte face à « Cet islam sans gêne » (1er novembre 2012). Le Figaro Magazine, Valeurs actuelles, mais parfois aussi Marianne ou Le Nouvel Observateur n’ont pas des lignes très différentes (4).

    Même des chercheurs sérieux dans leur domaine participent à la diffusion de la thèse d’Eurabia, tel l’historien Egon Flaig (5) en Allemagne. En France, la démographe Michèle Tribalat a signé une préface dithyrambique au livre à succès de Christopher Caldwell qui annonce l’effondrement d’une Europe vaincue par l’islam (6).

    Existe-t-il vraiment une « menace arabo-musulmane » justifiant l’emballement médiatico-politique qu’Eurabia a contribué à provoquer ? Bat Ye’or affirme tout d’abord que les pétrodollars du Golfe permettent aux musulmans de « s’acheter » l’Europe — une émission de Canal Plus (20 mai 2013) s’intitulait « Qatar : conquérir le monde en quatre leçons ». Pourtant, si, en 2011, le Proche-Orient réalisait 22 % de ses exportations vers l’Europe et l’Amérique du Nord, il ne représentait que 5 % de celles de ces deux espaces (7). En d’autres termes, c’est l’Occident qui abreuve le Proche-Orient de ses devises, et non l’inverse.

    Le volet « relations internationales » du scénario d’Eurabia n’est pas plus réaliste. Loin de se montrer complaisants à l’égard de la Palestine, les Etats européens sont de solides alliés d’Israël. Certes, comme le souligne avec insistance Bat Ye’or, ils ont voté pour la résolution 43/177 de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) en faveur de l’indépendance de la Palestine en 1988. Mais cent quatre nations ont alors fait de même — seuls les Etats-Unis et Israël ont voté contre.

    Depuis, l’Union européenne ne s’est guère distinguée par son engagement pour la cause palestinienne, au contraire. Quand, en septembre 2011, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a remis au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon une demande de reconnaissance de la Palestine par le Conseil de sécurité, le Royaume-Uni et la France se sont empressés de déclarer qu’ils s’abstiendraient (8).

    A défaut d’être achetée par les monarchies du Golfe, l’Europe est-elle menacée par un déferlement de populations musulmanes ? Selon les estimations les plus hautes qui circulent sur Internet, l’Union européenne serait actuellement habitée, secrètement, par cinquante millions de musulmans, et ce nombre devrait doubler dans les vingt ou trente ans à venir. Ces chiffres ne sont pas inventés par des hurluberlus, mais lancés par des gens a priori crédibles, comme le journaliste canadien Mark Steyn, père de l’expression « génocide européen » et l’un des principaux propagateurs du mythe d’Eurabia en Amérique du Nord. Selon lui, les musulmans devraient constituer 40 % de la population européenne en 2020.

    Sachant que cette communauté — entendue au sens large — représente actuellement entre 2,4 % et 3,2 % de la population de l’Union européenne (douze à seize millions de personnes), il faudrait, pour voir se réaliser les prédictions de Steyn, que ces pourcentages soient multipliés par quinze en dix ans. Une évolution possible, affirment les adeptes d’Eurabia, car des vagues de musulmans immigrent en Europe, puis s’y « reproduisent » de manière exceptionnelle et appliquent une stratégie de conversions de masse. Sur ces trois points, la réalité des chiffres contredit leurs arguments.

    Les sociétés européennes connaissent en effet un taux d’accroissement migratoire stable depuis les années 1980. Il est de 1,1 ‰ en France, de 3 ‰ au Royaume-Uni et de — 0,7 ‰ en Allemagne (chiffres de 2009). Seuls trois pays à majorité musulmane, le Maroc, la Turquie et l’Albanie, figurent parmi les dix premières communautés d’immigrants installés dans l’Union (9). De plus, les musulmans ne procréent pas davantage que les autres. Dans la plupart des pays musulmans, le taux de natalité est très proche de ceux observés dans les Etats occidentaux, et parfois même plus bas, comme en Iran (10). Et le taux de fécondité des femmes musulmanes installées en Europe connaît une baisse continue depuis les années 1970, jusqu’à rejoindre celui de la population générale au début des années 2000 (11).

    Restent les conversions. Le 4 janvier 2011, le quotidien The Independent alertait ses lecteurs sur un risque d’« islamisation du Royaume-Uni », car le nombre de convertis avait doublé depuis dix ans, passant de cinquante mille à cent mille personnes entre 2001 et 2011 (pour une population totale de soixante millions d’habitants). Une personne sur six cents serait convertie à l’islam ; à un rythme de cinq mille conversions par an (à peine plus qu’en France ou en Allemagne), il faudrait six mille ans pour que le Royaume-Uni devienne un pays à majorité musulmane.

    Une « invasion » très lente, donc, surtout quand on la compare à la croissance étourdissante des conversions au christianisme évangélique et pentecôtiste dans le monde, par exemple en Chine et en Afrique : dix mille par jour (12) ! Il s’agit de la plus rapide progression religieuse de l’histoire — de zéro à cinq cents millions d’adeptes en moins d’un siècle —, mais peu de médias s’alarment de l’« évangélisation du monde »…

    En dépit de son caractère fantaisiste, l’influence du scénario d’Eurabiane cesse de croître. L’ombre du complot musulman alimente une nouvelle logique de défense culturelle : défense des « valeurs » et du « mode de vie » des peuples européens « de souche » menacés par l’ensemble des minorités ethnoculturelles dont les musulmans représentent la quintessence idéale et terrifiante. Grâce au mythe d’Eurabia, des partis européens objectivement situés à l’extrême droite peuvent prétendre dépasser la distinction droite-gauche. Et se présenter, en falsifiant ces valeurs, comme des défenseurs du progrès, de la liberté, de la démocratie, de l’indépendance, de la tolérance, de la laïcité, séduisant ainsi au-delà de leur périmètre électoral habituel.

  • Maffia identitaire, ici comme ailleurs

     

     
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      Maffia identitaire, ici comme ailleurs
      Casapound : chemises noires, poudre blanche et brillants
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      Casapound est une organisation d'extrême droite qui prétendait construire le « Fascisme du Troisième millénaire ». Depuis le 3 juillet dernier et le meurtre de Silvio Fanella, on sait désormais que...
       
  • Le jour où j'ai avorté

    C'est une chose que je n'ai jamais dite à personne, même si tout le monde le sait, ma mère l'ayant propagée de façon mal intentionnée il y a deux-trois ans, ayant même appelé des journalistes pour le leur dire -certains m'ont même contactée pour me dire que même s'ils ne partageaient pas mes idées, ils trouvaient cela moyen- dans un élan du coeur dont elle seule a le secret.

    C'est une chose que je voulais dire, j'attendais de rencontrer une personne à qui je pourrais raconter ce terrible fardeau.
    Ne rencontrant jamais personne capable de m'écouter, je me confie une fois de plus à ma page blanche, c'est elle qui permet toujours tous les réconforts.

    Oui, je sais déjà, impudeur, narcissicisme, mythomanie, on m'a déjà tout dit.
    Que m'importe, je ne respire pas en fonction de ce que disent, pensent, extrapolent les gens sur moi.

    Je me moque royalement du regard des autres, et je crois que je l'ai prouvé toute ma vie, je n'aurais pas eu le parcours que j'ai si j'avais peur de mon ombre.

    Je ne relativise pas du tout le sujet, je dis au contraire que le poids est trop lourd pour moi-même.
    J'y pense réguièrement, mais aussitôt je jette un blanc, je forme un mur, je ne veux pas.

    J'avais dix-neuf ans, je fréquentais un garçon depuis mes quinze ans, mon véritable premier amour avec lequel je suis restée près de huit ans.
    A dix-neuf ans, je partais pour Londres dans le cadre de mes études, quinze jours après, je savais.
    J'étais très mal, loin de tout, saturée de travail, seule.
    J'ai prétexté un mal du pays, dans tous les cas, j'avais du mal à retenir longtemps des larmes.

    De retour en France, j'ai appelé des religieuses en cherchant de l'aide dans l'annuaire.
    Elles n'ont pu m'aider, elles m'ont seulement donné le numéro d'un médecin.
    Je lui ai dit qui j'étais, il m'a dit qu'il fallait que j'en parle à mes parents.

    J'ai eu beaucoup de mal et un soir, lors d'une de ses longues promenades que je faisais avec ma mère, je lui apprends que j'attends un bébé.

    Elle connaissait ma relation depuis longtemps, en revanche, je n'avais jamais pris de moyen de contraception.
    Je suis fille de médecin, j'ai un Bac D, nous avions étudié toute la Terminal le sujet de la procréation, je sais tous les bébés jusqu'aux prémices de la génétique, je ne peux pas dire que j'ai été prise au dépourvu.
    Pourtant ...

    J'appréhendais tellement sa réaction, qui fut glaciale, comme attendu, que je lui dis dans la foulée que je ne vais pas le garder.

    Ma mère devrait me connaître, depuis toute petite, je pouponne, ma petite soeur, mon petit frère, mes petits cousins, j'achète dès que je peux de la layette pour mes poupées, que j'ai toujours eues et gardées dans ma chambre, et même un lit de bébé , ce qui exaspérait ma soeur et faisait se moquer mes copines, je gardais des bébés et des enfants tout le temps.

    A dix-neuf ans, il était inconcevable que j'arrête mes études, en fait, je n'arrivais même pas à concevoir une vie différente en dehors des parents et des études, je n'avais jamais envisagé l'avenir, sauf une chose, devenir maman.

    Sans autre discussion, ma mère a pris un rendez-vous pour une échographie.
    On a vu quelque chose, j'ai bien vu cette forme.
    Cette forme n'avait pas de forme, mais moi, j'ai vu mon bébé, je trouvais même bêtement des ressemblances, je le trouvais beau, et je pleure la nuit.

    Tout se passe très vite.
    J'en parle au papa, c'était un garçon très doux, un ange.
    Mais là, il me dit : "Il est bien de moi j'espère".

    Cela fait un choc.
    Je suis restée quelques années ensuite encore avec lui, mais cela a marqué incontestablement une cassure.
    Quelques années après il m'avait dit qu'il se sentait prêt à être papa, j'ai eu un sourire triste.

    Dans cet espace très laid de la Rue Barla, tout était froid, aucune chaleur ni dans l'agencement des locaux ni dans le personnel.
    Vous passez, vous n'êtes qu'un numéro.
    Je pleurais, j'étais un problème, on a dit qu'il y avait un problème avec moi.
    Une psychologue est venue me voir, je crois n'avoir jamais vu un sourire aussi faux, aussi méchant.
    J'ai dit que je savais que c'était un bébé.

    Elle m'a dit que j'allais voir, que ça allait vite passer, elle voulait que ça aille vite.
    Le médecin est venu me voir, il était en colère : "Vous voulez le gardez ou pas."
    J'avais pensé à ma mère, j'ai dit que non. On m'a endormie.

    Je me souviens des femmes avec moi, une maman, très décontractée, avec ses trois autres enfants qui étaient venus la rechercher.
    Une autre, assez âgée, sans doute mon âge aujourd'hui, mais déjà frippée, décolorée, froide, une sorcière à faire peur, les autres -nous devions être cinq- je ne m'en souviens plus, elles ne parlaient pas trop, j'étais la seule à être mal, on m'a séparée du groupe.

    On ressort le lendemain.
    Personne ne s'aperçoit de rien.

    Chez moi, on n'a rien dit, on n'en a plus parlé.

    Personne n'a jamais dit ce que j'attendais, personne ne m'a dit que ce n'était pas la fin du monde, qu'il y avait une autre voie, bien plus heureuse, personne ne m'a dit que cet enfant, je pouvais le garder, et peut-être même, qu'on allait m'aider.


    Je ne veux pas me dédouaner, je savais parfaitement ce que je faisais, mais je n'ai jamais, à aucun moment, senti que j'avais le choix.


    Quand je suis tombée enceinte de mon premier enfant, je travaillais à temps complet tout en poursuivant mes études, je m'étais inscrite pour passer une autre maîtrise, de Droit International, plus en rapport avec mon travail.
    Je vivais dans mon appartement, j'étais à ma charge et autonome, mes parents s'étaient séparés l'année d'avant de façon impromptue, mes frères et soeurs étaient partis, je n'avais plus de famille.

    Le papa et moi ne nous fréquentions que depuis trois mois.
    Il habitait entre la Baule et Paris, et moi à Nice.
    Autant dire que ce n'était pas vraiment prévu.
    J'en avais averti le père par téléphone, nous ne nous voyions que rarement, il avait dit qu'on en reparlerait.

    Lors d'une randonnée en montagne, un ami me fait remarquer que j'ai changé, et là, je lui ai dis tout de suite que j'attendais un bébé. Je n'avais même pas fait de test, je le savais.

    Nous dormons tous dans les collines de la Madone des Fenestres.
    Je n'ai pas peur, je me sens parfaitement bien, cet enfant, il peut arriver n'importe quoi, il sera toujours avec moi.


    Cette équipe de randonneurs étaient composés de responsables du Front, le papa était à Paris, il militait au siège du Front, mais travaillait au Ministère de l'Agriculture.

    Il m'appelle peu de temps après, furieux.
    Il n'était pas content que je l'ai révélé.

    J'étais moitié sereine moitié inquiète, j'ai dit que je voulais le garder mais qu'il n'était pas obligé d'en subir les conséquences.

    Il m'a rappelée, nous nous sommes revus.
    Nous avons vécu ainsi, lui au Nord, moi à Nice.

    J'ai fini par démissionner de mon travail, et par le rejoindre à Paris, et nous avons eu trois autres enfants, magnifiques. Je pense avoir aimé le papa de tout mon soûl.

    Ma mère, que j'appelais régulièrement, ne s'est jamais déplacée pour venir les voir, ni à leur naissance ni jamais, sauf une fois, elle se rendait chez ma soeur en Guadeloupe et avait besoin de garer sa voiture pendant le séjour, pour ne pas payer le parking de l'aéroport.


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      Henry P Si tu avais connu SOS Tout Petits - Ton bébé serait encore là... Nous t'aurions aidés, discrètement mais sûrement... d'ailleurs, il est : son âme est éternelle, il t'aime et pense à toi... 
      Je partage ta peine (autant que je le peux, moi qui ne suis qu'un homme, je ne peux pas tout comprendre) mais en tant que grand-père je commence à être pas mal au courant. Sais-tu qu'il existe des cessions de guérisons profondes pour ce traumatisme de l'âme ?
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      Oriane Borja Je n'ai pas envie que mon âme oublie.
      On peut vivre avec les douleurs les plus profondes, sans doute comprend-on mieux encore le sens de la vie.
      Et je n'aurais pas aimé être sous l'emprise d'une secte.
      Après mes études de droit, j'ai appris que la Loi n'avait pas été respectée.
      La Loi Veil comprend deux alinéas, le premier -le plus important- est formel, la règle, c'est la vie, c'est de mettre tous les moyens en oeuvre pour cela.
      Le second, c'est l'exception.
      Or cette Loi a été pervertie par ceux qui s'en sont emparés parce d'autres ont déserté parce qu'elle leur faisait peur.
      L'exception est devenue la règle.




  • Comment nos amis américains vont concilier Alain Soral et Clément Méric

    Belgique : le Parti Libertarien dévoile son affiche de campagne

    Publié le 25 février 2014 dans Belgique

    Le Parti Libertarien vient de présenter son affiche électorale pour les élections générales qui se tiendront en Belgique le 25 mai prochain. L’occasion pour Contrepoints d’interviewer son Président, Patrick Smets, sur le message qu’ils entendent porter.

     

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    Ma première question sera simple. Quel message voulez-vous faire passer ?

    Dans cette affiche, nous avons voulu représenter la diversité des choix de vie individuels et leur possible coexistence au sein d’une société libre. L’affiche s’organise autour d’une jeune entrepreneur. Elle incarne l’avenir, l’innovation, l’enrichissement, la force révolutionnaire du capitalisme. Comme tous les nouveaux entrepreneurs du web, elle pense directement marché de niche, positionnement mondial et personnalisation des produits. Pourtant, son activité est entravée par une flopée de lois et d’impôts absurdes. L’État lui impose de gérer les relations sociales de sa start-up sur base de clichés datant de l’industrie minière du XIXème siècle. Cette entrepreneur, c’est chacun de nous, rêvant d’autonomie, d’aventure et de défi personnel. Nous voulons libérer ce rêve.

    Autour d’elle, un groupe bigarré incarne un ou plusieurs points de notre programme : légalisation des drogues, liberté religieuse, tolérance pour tous les modes de vie, droit fondamental à la recherche du bonheur. Chaque personnage a été choisi en fonction de détails signifiants que je vous laisse découvrir. Juste un pour le plaisir : Nous serons certainement le seul parti à faire apparaître une arme à feu sur une affiche de campagne. C’est aussi ça, être libertarien.
    Enfin, un point qui nous a paru important, c’est que les personnages ne soient pas en interaction les uns avec les autres. Il s’agit de sortir de cette obsession du collectif qui caractérise notre époque. Ce sont des individus libres et autonomes. Chacun vit sa vie sans faire porter par autrui le coût de ses choix. Comme le rappelle le slogan, il faut vivre ET laisser vivre. Nous sommes finalement très proche du serment de John Galt. Mais avec moins de mots !

    L’affiche reste étonnante car on vous aurait attendu sur un thème plus austère comme l’économie ou les impôts.

    La gauche comme la droite veulent nous cantonner dans un discours économique, la gauche pour conserver le monopole de la morale, la droite pour recevoir gratuitement des cours particuliers.

    C’est un choix délibéré de notre part de sortir du rôle que les autres veulent nous faire endosser. Nous voulons d’abord faire percevoir notre identité. Oui, nous sommes un parti en pointe sur les questions économiques, peut-être le seul à avoir

    Patrick Smets, président du Parti Libertarien

    Patrick Smets, président du Parti Libertarien

    pris pleinement conscience de la faillite inévitable de nos États Providence. Oui, nous sommes le parti le plus profondément anti-fiscal de la scène belge francophone. Mais nous voulons rappeler que ces positions prennent place dans la cadre plus large des libertés individuelles. La liberté d’entreprendre, c’est d’abord et avant tout le droit de choisir sa vie, de prendre des risques et d’en assumer les conséquences, heureuses ou malheureuses. Et, si l’impôt est un vol pur et simple, c’est parce qu’il agresse le droit naturel de propriété et qu’il nous prive de notre liberté de choix.

    C’est à travers ce rapport à la liberté que se comprennent les positions économiques et fiscales des libertariens. Nous ne sommes pas des technocrates cherchant à identifier l’optimum de la courbe de Laffer. Nous sommes des insoumis qui refusons la loi du groupe et le pouvoir de l’État.

    Vous vous présentez avec un visuel qui se veut franchement « sympa » et qui se démarque positivement de l’ambiance plombée actuelle.

    Oui, nous avons voulu rompre avec la sinistrose actuelle. Les gens sont en colère et je les comprends. Depuis des dizaines d’années, le gouvernement promet d’échanger leur liberté contre le confort matériel. Aujourd’hui, ce système a trouvé ses limites et tout le monde réalise que si la liberté a bel et bien disparu, le confort matériel n’est plus assuré. Ils ont raison de râler.

    Mais râler ne suffit pas. La râlerie pousse au cynisme ou à la fuite. Elle n’ouvre pas sur l’action. Pour agir, il faut nécessairement porter un espoir et une certaine joie de vivre. La civilisation ne va pas disparaître. La lumière brille encore dans les ténèbres et la crise actuelle cessera dès que les États cesseront de l’alimenter. Nous avons besoin d’espoir, nous avons besoin d’idéalistes.

    Est-ce qu’il y a des personnages que vous n’avez pas mis ? Il en manque certains…

    Oui, forcément, il y a 7 milliards d’êtres humains. Autant d’individus qui ont leur vie, leur histoire, leurs problèmes, leurs projets, leurs rêves… Ils pourraient tous être sur l’affiche mais il n’y aurait pas eu assez de place ! Nous avons choisi les plus emblématiques, ceux qui illustrent le mieux notre programme. Nous avons également choisi de parler plus spécifiquement aux jeunes parce que c’est chez eux que l’on trouvera le terreau le plus fertile pour des idées nouvelles comme celles des libertariens.

    Pour achever cette interview, parlez-nous un peu de la campagne. Est-ce que vous allez présenter des listes ?

    Oui, quand même !  Nous faisons tout pour et, sauf accident, nous devrions être présents au moins à Bruxelles et à Liège. Ceci étant, ce n’est pas une sinécure. Il faut savoir qu’en Belgique, on ne peut pas se présenter aussi facilement qu’en France. Pour avoir le droit de participer à l’élection, nous devons récolter des centaines de signatures d’électeurs qui nous « parrainent » et ça consomme une énergie phénoménale.

    Tout d’abord, merveille d’absurdité bureaucratique, il est pratiquement interdit de tracter dans les espaces publics et d’accoster les gens pour leur demander de nous soutenir. Quand vous êtes échevin ou député, personne ne vous dira rien. Mais, pour un jeune parti comme le nôtre, il y a toujours un flic, un steward ou un gardien de square pour nous demander d’aller chercher une autorisation spécifique auprès d’un quelconque fonctionnaire inconnu qui ne reçoit qu’aux heures de bureau.

    Ensuite, vous seriez surpris du nombre de gens qui ne connaissent pas précisément leur adresse, ou dans quelle commune ils sont domiciliés. Comme toutes nos signatures doivent ensuite être validées par les communes, chaque erreur est un formulaire de perdu pour nous. En pratique, notre présence se jouera en fonction du taux de rejet dans les communes. Nous nous battrons comme des chiens, éventuellement avec des recours en justice, mais rien n’est acquis.

    Si les lecteurs belges de Contrepoints veulent nous soutenir, qu’ils téléchargent le formulaire de présentation sur notre site et qu’ils le fassent signer autour d’eux. Ce sera une aide précieuse.www.parti-libertarien.be/formulaires-de-signature-pour-les-elections/

  • Après la façade Sud Est libertarienne, voici le versant Nord Ouest de l'Ukraine

    UKRAINE : La Clinton-Pinchuk Connection ( En sachant que le site Mondialisation.ca est de la propagande adverse)

    Région : 
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    Clinton Global Initiative

    A la table de Kiev où a été négocié l’accord formel entre gouvernement, opposition, Ue et Russie ne siégeait officiellement aucun représentant de la puissante oligarchie interne qui, plus liée à Washington et à l’OTAN qu’à Bruxelles et à l’Ue, pousse l’Ukraine vers l’Occident. Emblématique est le cas de Victor Pinchuk, magnat de l’acier, 54 ans, classé par la revue Forbesparmi les hommes les plus riches du monde.

    La fortune de Pinchuk commence quand en 2002 il épouse Elena, fille de Leonid Kuchma, second président de l’Ukraine (1994-2005). En 2004 l’illustre  beau-père privatise le plus grand complexe sidérurgique ukrainien, celui de Kryvorizhstal, en le vendant à la société Interpipe, dont son gendre est co-propriétaire, pour 800 millions de dollars, un sixième environ de sa valeur réelle. Interpipe monopolise ainsi la fabrication des canalisations en acier. En 2007 Pinchuk constitue l’EastOne Group, société de consultance pour investissements internationaux, qui fournit aux multinationales tous les outils pour pénétrer dans les économies de l’Est. Il devient en même temps propriétaire de quatre chaînes de télévision et d’un tabloïd populaire (Faits et commentaires) avec une diffusion de plus d’un million d’exemplaires. Sans négliger cependant les œuvres de bienfaisance : il crée la Victor Pinchuk Foundation, considérée comme la plus grande « fondation philanthropique » ukrainienne.

    Victor Pinchuk et sa femme Elena

    C’est à travers cette fondation que Pinchuk se lie avec les Clinton, en soutenant la Clinton Global Initiative établie par Bill et Hillary en 2005, dont la mission est de « réunir les leaders mondiaux pour créer des solutions innovatrices aux défis mondiaux les plus urgents ». Derrière ce slogan rutilant se trouve l’objectif réel : créer un réseau international de puissants appuis à Hillary Clinton, l’ex first lady qui, après avoir été sénatrice de New York en 2001-2009 et secrétaire d’Etat de 2009 à 2013, tente à nouveau l’ascension à la présidence. La fructueuse collaboration commence en 2007 quand Bill Clinton remercie « Victor et Olena Pinchuk pour leur vigoureuse activité sociale et l’appui fourni à notre programme international ». Appui que Pinchuk concrétise par une première contribution de 5 millions de dollars, auxquels en succèdent d’autres, à la Clinton Global Initiative. Ceci ouvre à Pinchuk les portes de Washington : il embauche pour 40 000 dollars mensuels le lobbyiste Schoen, qui lui organise une série de contacts avec d’influents personnages, y compris une douzaine de rencontres en une an, entre 2011 et 2012, avec de hauts fonctionnaires du Département d’Etat. Ceci favorise aussi les affaires, en permettant à Pinchuk d’augmenter ses exportations aux Etats-Unis, même si maintenant les métallurgistes de Pennsylvanie et d’Ohio l’accusent de vendre les tubes d’acier aux USA au-dessous du prix.

    Pinchuk et Hillary Clinton

    Source de la photo : http://yes-ukraine.org/en/photo-and-video/photo/vechirnya-promova-gillari-klinton-liderstvo-okrema-dumka

    Pour renforcer ultérieurement ses liens avec les Etats-Unis et l’Occident, Pinchuk lance la Yalta European Strategy (Yes), « la plus grande institution sociale de diplomatie publique en Europe orientale », dont le but officiel est d’ « aider l’Ukraine à se développer en un pays moderne, démocratique et économiquement puissant ». Grâce à la grosse disponibilité financière de Pinchuk (qui rien que pour fêter son 50ème anniversaire a dépensé plus de 5 millions de dollars dans une station de ski française), la Yes est en mesure de tisser un vaste réseau de contacts internationaux, qui devient visible lors du meeting annuel organisé à Yalta. Y participent «  plus de 200 politiciens, diplomates, hommes d’Etat, journalistes, analystes et dirigeants du monde des affaires provenant de plus de 20 pays ». Parmi ceux-ci émergent les noms de Hillary et Bill Clinton, Condoleezza Rice, Tony Blair, George Soros, José Manuel Barroso et Mario Monti (qui a participé au meeting de septembre dernier), aux côtés desquels on trouve des personnages moins connus, mais non pour autant moins influents, dont des dirigeants du Fonds monétaire international (comme Dominique Strauss-Khan, voir NdT).

    Comme a expliqué Condoleezza Rice au meeting Yes 2012, « les transformations démocratiques requièrent du temps et de la patience, requièrent un appui de l’extérieur comme de l’intérieur ». Excellente synthèse de la stratégie que l’Occident adopte sous  le manteau de l’ « appui de l’extérieur » pour favoriser les « transformations démocratiques ». Une stratégie désormais consolidée, de la Yougoslavie à la Libye, de la Syrie à l’Ukraine : ficher des coins dans les failles qu’a tout Etat, pour en dégonder les bases en soutenant ou fomentant des rébellions anti-gouvernementales (type celles de Kiev, trop ponctuelles et organisées pour être considérées comme simplement spontanées), tandis qu’on déchaîne une trépidante campagne médiatique contre le gouvernement qu’on veut abattre. Pour ce qui concerne l’Ukraine, l’objectif est de faire crouler l’Etat ou de le casser en deux : une partie qui entrerait dans l’OTAN et dans l’Ue, une autre qui resterait majoritairement reliée à la Russie. Dans ce cadre s’insère la Yalta European Strategy de l’oligarque ami des Clinton.

    Manlio Dinucci

    Edition de samedi 22 février 2014 de il manifesto

    http://ilmanifesto.it/la-clinton-pinchuk-connection-una-oligarchia-ucraino-americana/

    Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


    Et quelques aspects de la Pinchuk-French Connection (NdT)

    « Mercredi 27 mars [2013], la Ministre de la Culture et de la Communication, Mme Aurélie Filippetti, a remis les insignes de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres à Victor Pinchuk. Elle a salué en lui « le visage européen du mécénat » et le « mariage heureux entre l’industrie et la culture, à l’image de l’installation monumentale d’Olafur Eliasson qui, comme le fer y subit de constants changements d’état, métamorphose votre nouvelle aciérie » (http://www.ambafrance-ua.org/Victor-Pinchuk-chevalier-de-l ).

    « Mon professeur en art contemporain est français, Nicolas Bourriaud (critique d’art, il a dirigé le Palais de Tokyo avec Jérôme Sans de 2002 à 2006 et il est l’actuel directeur des Beaux-Arts de Paris depuis octobre 2011). Je l’appelle même mon gourou! Je l’ai rencontré en 2002 par l’intermédiaire de mon ami Marcel Gross, directeur associé d’Euro RSCG ».

    (http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2013/04/09/03015-20130409ARTFIG00261-victor-pinchuk-j-aime-la-folie-provocatrice-des-artistes.php )

    “Comment exister socialement dans son pays tout en ne faisant pas de politique ?” C’est Euro RSCG, en la personne du Français Stéphane Fouks, qui va lui fournir une réponse en trois points : 1. Créer un musée d’art contemporain qui valorise l’art ukrainien. 2. Mettre en place un think tank pour le rayonnement de l’Ukraine et son entrée dans l’Europe. 3. Créer une fondation anti-sida dont s’occupera sa femme.

    L’oligarque s’investit dans la philanthropie.

    [...] « À une certaine période de la vie, il est temps de rendre un peu de ce qu’on a reçu, en étant guidé par une vision”, dit-il. Pour autant, l’Ukrainien ne perd pas le nord : sa frénésie d’artistes n’est qu’une étape dans sa stratégie de conquête. Chaque automne, à Yalta, son think tank baptisé YES (pour Yalta European Strategy) travaille à faire rayonner l’Ukraine avec des invités comme Tony Blair ou Dominique Strauss-Kahn. À Davos, en marge du sommet, il imprime aussi sa marque : le 27 janvier, il organise une table ronde avec la jeune Cheikha Mayassa, princesse du Qatar très investie dans l’art, et Paulo Coelho ».

    (http://www.lepoint.fr/culture/pinchuk-l-amateur-d-art-qui-venait-du-froid-24-01-2011-130601_3.php ).

      

    Le Point - Publié le 24/01/2011 - Modifié le 24/01/2011 à 17:16

    L'oligarque ukrainien Victor Pinchuk s'investit dans la philanthropie. Clé de voûte de sa générosité : l'art contemporain. Portrait.

    L'artiste le plus médiatisé de la planète Damien Hirst a été convié à Kiev par Victor Pinchuk, le 12 décembre 2010L'artiste le plus médiatisé de la planète Damien Hirst a été convié à Kiev par Victor Pinchuk, le 12 décembre 2010 © Starostenko Sergey/RIA Novosti / AFP
     
     
     
     
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    Houellebecq l'avait rêvé. Pinchuk l'a fait. "Damien Hirst et Jeff Koonsse partageant le marché de l'art." C'était le titre du tableau que Jed Martin, le héros artiste de La carte et le territoire, peint avant de le déchirer (voir Le Point n° 1981). Mais, en ce soir glacial du 12 décembre 2010, c'est un tableau vivant que Kiev accueille. Les deux artistes les plus médiatisés de la planète conversent, oui, comme s'ils se partageaient le marché de l'art, dans une salle entièrement remplie d'oeuvres d'une autre star de la création contemporaine : Takashi Murakami. Que fait cette trinité branchée dans la capitale de l'Ukraine ?

    Elle est réunie pour la remise à une jeune artiste brésilienne du Future Generation Art Prize, doté de 100.000 dollars. En fait, elle est réunie pour un seul homme : l'organisateur, l'oligarque Victor Pinchuk, 50 ans, 307e fortune au classement Forbes, et l'une des 100 personnes les plus influentes de la planète selon Time Magazine. L'ami d'Elton John, qui a chanté pour lui, et de Steven Spielberg, avec lequel il a financé un documentaire sur la Shoah par balles en Ukraine. L'homme qui, fin décembre, a choisi les cimes de Courchevel pour fêter son anniversaire avec au programme le cirque du Soleil, un dîner pour 300 personnes préparé par Alain Ducasse, un concert de Christina Aguilera, et pour objet déco un gigantesque Hanging Heart de Jeff Koons. La rumeur médiatique chiffrait l'anniversaire à 5 millions d'euros.

    Self-made-man

    Au milieu des artistes réunis à Kiev, Pinchuk raconte avec jubilation ce qu'il a confié à Spielberg : "J'adore le nom de votre compagnie, DreamWorks. Les rêves, c'est bien, mais il faut aussi beaucoup, beaucoup de travail." De rêves, Pinchuk n'en a jamais manqué. Son histoire est celle d'un self-made-man version ex-Union soviétique. Ses parents sont ingénieurs métallurgistes dans le centre minier de Dniepropetrovsk : grande intelligence, grande culture mais pas d'argent. Le fils reprend le métier en y ajoutant une pointe de génie : il invente de nouveaux procédés d'acheminement des matières premières qui passent au travers des précieux tuyaux. 

    C'est ainsi que Pinchuk va faire fortune, dans les pipelines destinés à acheminer le gaz, sujet d'importance stratégique entre la Russie et l'Europe, crucial pour une Ukraine dépendante du grand frère russe en matière d'énergie. L'oligarque aime à raconter qu'il était déjà riche avant d'épouser Elena, la séduisante fille de Leonid Kuchma, deuxième président de l'Ukraine indépendante, contesté pour ses méthodes autoritaires. Entre 1998 et 2006, le beau-fils va lui aussi tâter de la politique : il sera membre du Parlement. Mais, face aux premières polémiques qui contestent le cumul des pouvoirs économiques et politiques, l'oligarque abandonne.

    Valet de carreau

    Il se pose alors la question cruciale : "Comment exister socialement dans son pays tout en ne faisant pas de politique ?" C'est Euro RSCG, en la personne du Français Stéphane Fouks, qui va lui fournir une réponse en trois points : 1. Créer un musée d'art contemporain qui valorise l'art ukrainien. 2. Mettre en place un think tank pour le rayonnement de l'Ukraine et son entrée dans l'Europe. 3. Créer une fondation anti-sida dont s'occupera sa femme.

    L'oligarque s'investit dans la philanthropie. Clé de voûte de sa générosité, l'art contemporain. En 2009, ses investissement caritatifs s'élèvent à 13,7millions de dollars. S'il a commencé simplement, avec des peintres russes du mouvement Valet de carreau, il a appris à diversifier ses goûts, guidé par le commissaire français Nicolas Bourriaud. Et a ouvert à Kiev son Pinchuk Art Center, luxueux espace et passeport pour une ascension dans la jet-set. Pinchuk est même devenu membre du conseil d'administration du prestigieux Lacma, le Los Angeles County Museum of Art.

    Stratégie de conquête

    Pour lui, Koons ou Hirst sont des génies qu'il compare aux grands de la Renaissance. "L'art contemporain est un moteur pour accélérer la modernisation de mon pays. Les artistes sont bien davantage en mesure de parler de l'évolution de la société, de l'économie ou de l'écologie que les politiciens. Regardez la dernière série de photos d'Andreas Gursky sur le pôle Nord . Les icebergs sont une sublime illustration des bouleversements climatiques." Altruiste ? "À une certaine période de la vie, il est temps de rendre un peu de ce qu'on a reçu, en étant guidé par une vision", dit-il. Pour autant, l'Ukrainien ne perd pas le nord : sa frénésie d'artistes n'est qu'une étape dans sa stratégie de conquête. Chaque automne, à Yalta, son think tank baptisé YES (pour Yalta European Strategy) travaille à faire rayonner l'Ukraine avec des invités comme Tony Blair ou Dominique Strauss-Kahn. À Davos, en marge du sommet, il imprime aussi sa marque : le 27 janvier, il organise une table ronde avec la jeune Cheikha Mayassa, princesse du Qatar très investie dans l'art, et Paulo Coelho.

    Mais Pinchuk l'ami des VIP n'oublie pas le petit Victor né d'une mère juive de Dniepropetrovsk, et sponsorise la communauté locale. Lorsqu'il ouvre les yeux, chaque matin, c'est la simplicité d'un nu féminin de Michel Larionov qu'il contemple. Et lorsqu'il se réfugie dans sa datcha, c'est dans un jardin zen, de la grande tradition japonaise, qu'il se ressource. Entre glamour et intériorité, ego surdimensionné et désir de partage, l'oligarque de Kiev se construit encore.

     

  • Qui est vraiment Ioulia Timochenko ?

     

     

     

     

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    Egérie de la « Révolution orange », qui a amené en 2005 le camp pro-occidental à la tête de l'Ukraine, Ioulia Timochenko est généralement présentée dans nos médias comme la garante de la démocratie et des droits de l'homme face au camp « pro-russe ». Sa récente incarcération, unanimement considérée comme politique par nos dirigeants, a ravivé l'élan de sympathie dont elle bénéficie en Europe et aux Etats-Unis. Pourtant, le parcours de cette puissante femme d'affaires est moins rose qu'il n'y paraît à première vue : corruption, liens avec l'extrême droite, pion de l'impérialisme US... De quoi sérieusement égratigner l'image de parfaite démocrate que l'on essaie habituellement de lui donner.

     

     

     

     

    Egérie de la « Révolution orange » et pion de rechange des USA

     

    Ioulia Timochenko a commencé sa carrière politique dans les années 1990. En 2002, elle a fondé le « Bloc Ioulia Timochenko », une coalition de partis opposés au président de l'époque, Leonid Koutchma. Ce dernier était réputé pro-russe et perçu d'un mauvais œil par les pays occidentaux. Aux élections présidentielles de 2004, le Bloc Ioulia Timochenko a choisi de soutenir le candidat pro-européen Viktor Iouchtchenko contre le successeur de Koutchma, l'ancien Premier ministre Viktor Ianoukovitch.

     

    Dans un premier temps, Ianoukovitch fut déclaré vainqueur des élections. Des fraudes ayant été constatées par divers observateurs, les partisans de Iouchtchenko se sont mobilisés pour contester les résultats. De grandes manifestations ont eu lieu et un second scrutin fut finalement organisé, dont Iouchtchenko est sorti vainqueur. Tout ce processus a été appelé « Révolution orange », du nom de la couleur des partisans de Iouchtchenko.

     

    Pendant toute la durée de la campagne et de la « révolution », Ioulia Timochenko a accompagné et soutenu Viktor Iouchtchenko. Son rôle dans l'élection de ce dernier est indiscutable. « Timochenko est un leader énergétique et charismatique, avec un style politique parfois combatif, qui a fait campagne de manière efficace pour Iouchtchenko  », lit-on dans un Rapport au Congrès américain de 2005 (1). Juste retour des choses, elle fut nommée Première ministre par le nouveau Président.

     

    Iouchtchenko et Timochenko
    lors de la Révolution orange

     

    La Révolution orange a été présentée à l'époque comme un mouvement de contestation spontané né du mécontentement de la population ukrainienne. Certes, il ne fait aucun doute qu'une partie des Ukrainiens étaient mécontents de leur classe politique, ni qu'ils sont sortis dans la rue par conviction. Toutefois, de nombreuses sources démontrent aujourd'hui que la révolution ne fut pas si « spontanée » que l'on croit, mais qu'elle avait été au contraire soigneusement préparée avec l'aide de Washington.

     

    Dans le documentaire Les États-Unis à la conquête de l'est (2), on voit par exemple comment, deux mois avant les événements, des stages ont été organisés pour former de jeunes Ukrainiens aux méthodes de la « révolution douce ». La technique est simple et a été appliquée à la lettre : surveiller de près les élections afin de constater des irrégularités commises par la partie adverse ; contester les résultats à l'aide de sondages que l'on a soi-même réalisés à la sortie des urnes ; mobiliser la population pour faire annuler le scrutin ; appeler à l'organisation de nouvelles élections. Au cours de celles-ci, son propre candidat, soutenu par la « communauté internationale » et jouissant de la vague de contestation populaire, affrontera un adversaire accablé par les accusations de fraudes. Il aura dès lors toutes les chances de son côté pour être élu (3).

     

    Durant leurs stages, les jeunes Ukrainiens ont reçu les conseils de jeunes Serbes du mouvement Otpor qui avait renversé Milosevic en 2000. « On leur a appris comment créer leur organisation, comment faire de leur mouvement une véritable marque, comment créer des logos, comment faire passer des messages, comment recruter du monde, mobiliser les gens autour de leur cause. Et bien sûr, comment trouver de l'argent », témoigne l'un d'eux.L'argent, en l'occurrence, a été fourni par des organisations US comme l'International Republican Institute du Sénateur McCain et la Freedom House. « Pour les Ukrainiens, on a donné une petite bourse de 30 000 dollars pour qu'ils puissent rassembler des centaines d'activistes dans le Sud de l'Ukraine, en Crimée. Ils ont été entraînés à l'action civique et à surveiller les élections », déclare le président de la Freedom House devant les caméras.

     

    On sait par d'autres sources qu'un nombre élevé d'organisations US ont travaillé à la préparation de la Révolution orange, comme USAID, la NED et la Fondation Soros. D'une manière générale, le rôle des ONG a été central. La directrice de l'International Centre for Policy Studies, un organisme financé par la Fondation Soros, a déclaré en 2005 à ce propos, très enthousiaste : « Quelque 40 000 ONG regroupent 12% de la population ukrainienne, et ces organisations ont été une force active déterminante dans la Révolution orange ». Selon elle,les « donateurs » de ces ONG se sont efforcés pendant des années d'« accentuer le développement d'un mouvement de protestation » en Ukraine, ce qui a porté ses fruits (4). Le gouvernement des Etats-Unis s'est également montré généreux, déboursant notamment une somme de 13,8 millions de dollars pour, entre autres, financer «  la formation des observateurs » et aider à la réalisation de « sondages indépendants à la sortie des urnes(5) ». Deux des éléments clés, comme on sait, de l'organisation des « révolutions douces » (6).

     

    Tee-shirt de la Fondation McCain avec les dates 
    des révolutions réussies et celles à venir 
    (source : Les Etats-Unis à la conquête de l'Est).

     

    Bref, la Révolution orange n'avait pas grand-chose de spontané, malgré tout l'espoir qu'elle a pu susciter parmi la population ukrainienne. Aussi n'y a-t-il rien d'étonnant à ce que les Etats-Unis se soient réjouis lorsque, après l'annulation du premier scrutin, Iouchtchenko a finalement remporté les élections. Iouchtchenko était « leur » candidat, celui sur lequel ils avaient placé tous leurs espoirs. Ils voyaient en lui le politicien le plus apte à défendre leurs intérêts dans la région et à éloigner l'Ukraine de la sphère d'influence russe. « La Révolution orange a suscité beaucoup d'intérêt au Congrès et ailleurs  », a résumé l'analyste Steven Woehrel dans un rapport au Congrès. « Certains avaient l'espoir que l'Ukraine pourrait finalement s'embarquer sur le chemin de réformes complètes et de l'intégration euro-atlantique après des années de demi-mesures et de faux départs (7). »

     

    Toutefois, les espoirs mis sur Iouchtchenko ont été suivis de déceptions. La « coalition orange » qui l'avait porté au pouvoir n'a jamais pu s'accorder politiquement et est restée profondément divisée. Les relations qu'il a entretenues avec Ioulia Timochenko ont été particulièrement exécrables. Ceux-ci se sont mutuellement accusés de corruption et, moins d'un an après sa nomination, Timochenko a été démise de son poste de Première ministre. Ce fut le commencement d'une crise politique de deux ans au cours de laquelle Iouchtchenko s'est rapproché de l'opposition. Finalement, cette crise s'est soldée par la réintégration de Timochenko à son poste de Première ministre en 2007, mais les relations entre les deux dirigeants sont restées hautement tendues.

     

    A cette époque, les Etats-Unis avaient déjà constaté une perte de popularité de leur ancien favori au profit de Timochenko : « Iouchtchenko est dans une plus faible position, les sondages le montrent constamment beaucoup moins populaire que Timochenko (8). » Aux élections présidentielles de 2010, l'ancien président a lamentablement échoué au premier tour avec à peine 5% des voix. Timochenko, en revanche, est arrivée deuxième juste après le candidat « pro-russe » Ianoukovitch. Aussi n'est-il pas étonnant que le soutien des Etats-Unis ait peu à peu basculé de Iouchtchenko, dont on entend aujourd'hui presque plus parler, à Timochenko. Face à la déconfiture du premier, ils ont choisi de miser sur son ex-partenaire, toujours riche du prestige de la Révolution orange, pour défendre leurs intérêts dans la région. Timochenko est en somme le pion de rechange des USA. Un pion dont, par ailleurs, la réputation de fervente démocrate est comme on va voir largement abusive.

     

     

    Candidate du mouvement fasciste

     

    « Les nationalistes de Svoboda inquiètent les juifs et les Russes », titrait récemment Le Monde(01/11/2012). Dans l'article, le journal rapportait les inquiétudes suscitées par l'entrée au Parlement ukrainien de ce parti nationaliste avec 10% des voix. « J'ai entendu des déclarations antisémites dans la bouche du leader de Svoboda. C'est très désagréable quand ce genre de force politique arrive au pouvoir », a déclaré l'ambassadeur israélien en Ukraine.« C'est la première fois qu'un parti néonazi, qui ne cache pas son antisémitisme et soutient ceux qui collaboraient avec Hitler, entre au Parlement  », a déploré quant à lui un député russe.

     

    L'entrée d'un parti comme Svoboda au Parlement ukrainien a effectivement de quoi inquiéter (9). Comme nous allons le voir plus loin, le mouvement fasciste est particulièrement fort en Ukraine. Toutefois, il y a deux choses que Le Monde n'a pas mentionnées et qui méritent pourtant la plus grande attention.

     

    La première, c'est que le parti de Ioulia Timochenko a passé une alliance électorale avec Svoboda. On ne peut qu'être frappé par l'absence de réactions qu'a suscitée cette information dans la presse française alors qu'elle était depuis longtemps connue. Dès le 26 octobre, l'agence de presse PR Newswire avait rapporté qu'un accord avait été passé entre le parti de Timochenko et Svoboda plus d'une semaine avant les élections. On lisait dans l'article : « D'après le Ukrainian Jewish Committee, Svoboda est un parti fasciste, dont le nom complet – le Parti National Socialiste d'Ukraine – a été choisi en référence au Parti national-socialiste [...] Alex Miller, chef de la commission inter-parlementaire Ukraino-Israëlienne, [...] a déclaré ne pas comprendre pourquoi l'opposition ukrainienne dirigée par Timochenko a signé un accord de coalition avec ce parti. » Si, le jour des élections, plusieurs journaux français ont évoqué l'alliance en question, tous se sont étonnamment gardé de préciser quel genre de parti était Svoboda (10).

     

    La deuxième chose que Le Monde a omis de dire, c'est que le « mouvement orange » lui-même entretient depuis longtemps des liens étroits avec l'extrême droite ukrainienne. L'Ukraine est un pays où les divisions politiques sont fort marquées géographiquement. Les régions du Sud et de l'Est, où l'on parle majoritairement le russe, sont plus tournées vers la Russie tandis que les régions du Nord et de l'Ouest, berceau du nationalisme ukrainien, sont plus tournées vers l'Occident. Lorsque l'Allemagne nazie a attaqué l'URSS en 1941, elle a trouvé dans ces dernières des forces pour la soutenir. L'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), alors dirigée par Stepan Bandera, a ainsi offert à l'armée allemande deux bataillons de soldats qui ont formé ensemble la Légion ukrainienne. Cette légion a pris une part active dans l'offensive contre les Soviétiques avant d'être transformée en bataillon de police SS (le Schutzmannschaftbataillon 201) chargé de lutter contre les Résistants de Biélorussie.

     

    Fortement réprimée dans l'après-guerre, l'extrême droite ukrainienne a refait surface avec la chute de l'URSS. Elle est reparue dans ses bastions traditionnels du Nord et de l'Est du pays, où les partis de la coalition orange concentrent l'essentiel de leur base électorale. Or, depuis leur accession au pouvoir, ceux-ci ont multiplié les signes de complaisance envers le mouvement fasciste. En 2007, Viktor Iouchtchenko a par exemple réhabilité Roman Choukhevytch, ancien chef d'un des bataillons de la Légion ukrainienne (11). En 2010, c'était au tour de l'ancien dirigeant de l'OUN, Stepan Bandera, d'être consacré héros national par le Président (12). Signalons également la célébration, chaque année, de l'anniversaire de la fondation de la division Waffen SS « Galizien » en 1943. Selon le siteresistances.be (01/06/2009), cette célébration initiée par le parti Svoboda a reçu en 2009 le soutien tacite de l'ensemble des formations de la coalition orange. Quant à Ioulia Timochenko, elle a affirmé avant les élections de 2010 qu'elle continuerait, en cas de victoire, le travail entamé par Iouchtchenko pour revaloriser la « véritable histoire » nationale ukrainienne (13).

     

    Nous voyons donc bien que le mouvement fasciste ukrainien, loin de se limiter au parti Svoboda, est en fait étroitement lié au mouvement orange. Pourquoi donc le journal Le Monde, généralement si prompt à lancer des accusations d'antisémitisme, a-t-il caché cette information à ses lecteurs ? De toute évidence, le quotidien n'a pas eu envie d'écorcher l'image de la candidate fétiche de l'Occident, unanimement présentée dans la grande presse comme défendant les valeurs de la démocratie face à l'autoritaire candidat « pro-russe » Viktor Ianoukovitch.

     

    Manifestation lors de la Révolution orange
     en 2005. Le drapeau noir et rouge est
    celui des fascistes ukrainiens.

     

     

    Businesswoman trempant dans de drôles d'affaires

     

    Le tableau de la « démocrate » opposée au « semi-dictateur pro-russe » nous a été maintes fois servi, tout particulièrement depuis la condamnation de Timochenko pour abus de pouvoir en octobre 2011. La grande presse est largement revenue sur le sujet pendant la campagne électorale. Dans la majorité des cas, la politicienne a été présentée comme une prisonnière politique, condamnée pour des motifs fallacieux. « L'Occident [estpréoccupé par le recul de la démocratie en Ukraine dont l'emprisonnement de l'ex-premier ministre Ioulia Timochenko depuis 2011 est considéré comme un cas emblématique  », écrivait Le Monde le jour du scrutin (28/10/2012).

     

    Ce qui frappe dans les articles parus depuis le début du procès, c'est l'absence totale d'attention portée sur le fond de l'affaire par les grands médias. Les chefs d'accusation, lorsqu'ils sont rappelés, sont systématiquement tournés en dérision : Timochenko aurait été « condamnée à sept ans de prison pour avoir signé un contrat gazier désavantageux avec la Russie (14) ». On insiste sur son état de santé et ses grèves de la faim, mais l'on évite soigneusement de toucher à la question centrale : a-t-elle oui ou non abusé de son pouvoir à diverses reprises pendant son mandat de Première ministre ? Un bref regard sur le passé de la politicienne permettra de mesurer tout l'intérêt de la question.

     

    Ioulia Timochenko a commencé sa carrière comme femme d'affaires à la fin des années 1980. En 1991, elle a fondé avec son mari la Corporation du pétrole ukrainien, une entreprise fournisseuse d'énergie qui est devenue par la suite le principal importateur de gaz russe en Ukraine. Timochenko a présidé cette entreprise de 1995 à 1997. Vers la même période, elle s'est lancée dans la politique et est entrée au Parlement. Elle entretenait alors de bons rapports avec le Premier ministre de l'époque, Pavlo Lazarenko, grâce à l'aide duquel elle s'est construit un véritable empire financier (15). En 1997, Lazarenko fut soupçonné de corruption et contraint de quitter l'Ukraine. Quelques années plus tard, Timochenko fut accusée de lui avoir versé des pots-de-vin et soumise à une enquête judiciaire. A cette occasion, la politicienne a passé un mois en prison en 2001. Finalement, les charges ont été abandonnées suite à l'élection de Iouchtchenko en 2005 et Timochenko a pu poursuivre sa carrière politique. Lazarenko eut moins de chance : réfugié aux Etats-Unis, il fut condamné pour d'autres affaires de fraude et mis en prison (16).

     

    Un rapport au Congrès américain mentionne à propos de toute cette affaire : « [Timochenko] est une figure controversée en raison des relations qu'elle a entretenues, dans le milieu des années 1990, avec des élites de l'oligarchie, dont l'ancien Premier ministre Pavlo Lazarenko, qui purge en ce moment même une peine de prison aux Etats-Unis pour fraude, blanchiment d'argent et extorsion de fonds. Timochenko a servi comme chef d'une société gazière commerciale et vice-Première ministre dans le gouvernement notoirement corrompu de Lazarenko (17). »

     

    En refusant de s'intéresser au fond de son récent procès, décrétant qu'il s'agissait d'une affaire purement « politique », les grands médias ont fait preuve d'une indulgence injustifiée à l'égard de Timochenko. Le houleux passé de cette femme d'affaires aurait dû au contraire les faire redoubler de prudence dans leurs analyses. Mais il faut croire que noircir la réputation de l'idole de l'Occident était pour eux tout simplement inconcevable. Aussi se sont-ils une fois de plus efforcés de la dépeindre comme une enfant de chœur irréprochable, dans le mépris des règles de déontologie les plus élémentaires.

     

     

    Conclusion

     

    « Si la Russie reprend le contrôle de l'Ukraine, de ses 52 millions d'habitants, des richesses de son sous-sol et de son accès à la Mer Noire, elle redeviendra une grande puissance s'étendant sur l'Europe et l'Asie. [...] Entre 2005 et 2010, l'Ukraine doit être prête à des discussions sérieuses avec l'OTAN. Après 2010, le principal noyau de sécurité en Europe consistera en : la France, l'Allemagne, la Pologne et l'Ukraine. » Voilà ce qu'écrivait en 1997 Zbigniew Brzezinski, l'un des stratèges US les plus influents, dans son livre Le grand échiquier. Ces propos expliquent parfaitement les stratégies des Etats-Unis à l'égard de l'Ukraine (18). Dans le but de soustraire ce pays à l'influence de la Russie, ceux-ci ont aidé les leaders de la coalition orange à prendre le pouvoir en 2005 au moyen d'une révolution minutieusement préparée. Ioulia Timochenko, personnage clé de la révolution, est devenue leur principal atout après la perte de popularité de Viktor Iouchtchenko. Les liens unissant son mouvement à l'extrême droite ukrainienne ont été soigneusement cachés, de même que les sombres affaires de corruption dans lesquelles elle a trempé. Tout a été fait pour la présenter sous un angle parfait au public occidental. Cependant, une partie importante de la population ukrainienne, principalement dans les régions de l'Est et du Sud, où vivent beaucoup de Russes, n'est pas dupe. Elle se souvient fort bien de l'alliance qui avait déjà uni, en 1941, l'extrême droite ukrainienne à l'« Occident », lorsque l'Allemagne nazie s'était lancée dans une violente offensive contre la Russie (26 millions de morts). Aussi ne faut-il pas s'étonner que, malgré tout le battage médiatique dont il a joui chez nous, le camp Timochenko ait, une fois de plus, perdu les élections.

     

     

    Notes

    (1) « Ukraine's Political Crises and U.S. Policy Issues », Rapport au Congrès américain RL32691, 01/02/2005, p. 7 (archive Wikileaks).

    (2) Les Etats-Unis à la conquête de l'Est, un documentaire de Manon Loizeau, 2005.

    (3) Outre l'Ukraine, cette technique a été utilisée à quelques détails près en Géorgie (2003), au Kirghizstan (2005) et en Moldavie (2009).

    (4) Nanivska Vira, « Civil Society in Ukraine and the Orange Revolution », Development Outreach, Worold Bank Institute, septembre 2005, pp. 18-20.

    (5) La somme déboursée par les Etats-Unis a également servi à financer des « médias indépendants », à offrir des formations « non partisanes » sur les partis politiques, à faire de l'« éducation d'électeurs » (« voter education  ») et à former les responsables des bureaux de vote. Cf. la déclaration de John Tefft, sous-secrétaire d'Etat US adjoint aux affaires européennes et eurasiennes, le 7 décembre 2004, citée dans le Rapport au Congrès américain RL32691 déjà cité, p. 11.

    (6) On trouvera dans Les 7 péchés d'Hugo Chavez de Michel Collon une analyse détaillée des groupes style Otpor chargés de déstabiliser toute une série de pays, dont le Vénézuela. Le livre étudie également leur financement via des organisations comme la NED et USAID.

    (7) « Ukraine : Current Issues and U.S. Policy », Rapport au Congrès américain RL33460, 10/09/2008, p. 2 (archive Wikileaks).

    (8) Rapport au Congrès américain RL33460, déjà cité, p. 5.

    (9) La percée du parti Svoboda est le sujet de l'interview de Jean-Marie Chauvier, « Ukraine : les néofascistes entrent au Parlement », michelcollon.info.

    (10) Notamment Le Point et Libération, 28/10/2012.

    (11) France-Ukraine, 12/01/2010.

    (12) KyivPost, 22/01/2010.

    (13) nr2.ru, 30/01/2010. Sur le mouvement fasciste en Ukraine, voir les divers articles de Jean-Marie Chauvier publié sur michelcollon.info, notamment « Ukraine : le fascisme new look réhabilité par Iouchtchenko ».

    (14) Voir James Meek, « The millionaire revolutionary », The Guardian, 26 novembre 2004.

    (15) AFP, 11/11/2011.

    (16) BBC News, 25/08/2006.

    (17) Rapport au Congrès américain RL32691, déjà cité, p. 7.

    (18) Sur les intérêts économiques et géostratégiques en jeu, voir notre article « Les enjeux de la bataille pour l'Ukraine », michelcollon.info.

     

    Source : michelcollon.info

     

     

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    UKRAINE. Ioulia Timochenko, la dame pas toujours de fer est de retour

    Jean-Baptiste Naudet

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    Publié le 23-02-2014 à 11h24Mis à jour à 18h10

    De la femme d'affaires à l'égérie de la Révolution orange en passant par la Dame de fer charismatique, retour sur le parcours tortueux de celle qui sera candidate à la présidentielle de mai.

    Ioulia Timochenko place Maidan le 22 février Efrem Lukatsky/AP/SIPAIoulia Timochenko place Maidan le 22 février Efrem Lukatsky/AP/SIPA
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    Avec ses tresses blondes traditionnelles, son visage d'ange, son sourire charmeur, on lui donnerait le Bon Dieu sans confession. Mais, même affaiblie, malade, les traits tirés à sa sortie de prison, Ioulia Timochenko a gardé toute sa hargne, sa froide détermination qui fait dire d'elle que l'ange est en fait un "Machiavel en jupon".

    A 53 ans, la brune décoloré pour faire plus couleur locale a perdu la superbe de son look de paysanne ukrainienne glamour, alliant subtilement tradition et modernité. Elle sort aujourd'hui de son hôpital-prison, auréolée de la gloire du martyre.

    Mais toujours déterminée : déjà elle annonce qu'elle se présentera à la prochaine élection présidentielle, prévue pour le mois de mai. Son sort est l'une des causes de la Révolution.

    L'Union européenne exigeait, officieusement mais fermement, sa libération avant la signature de l'accord d'association de l'Ukraine avec l'UE, dont la suspension a mis le feu aux poudre fin novembre. Une condition sans doute inacceptable pour son ennemi juré, le président Viktor Ianoukovitch, qui entretenait à l'encontre de la "tsarine de Kiev" une vendetta shakespearienne.

    Le retour sur la scène politique ukrainienne de la "Dame aux tresses" va sans doute compliquer le travail d'une opposition déjà divisée et sans réel programme. D'autant plus que, si la détermination et l'ambition de Ioulia Timochenko sont sans failles, sont parcours est souvent incertain, changeant, tourmenté.

    De la dame aux tresses à la Dame de fer

    Car avant d'être connue sous l'appellation flatteuse "d'égérie de la Révolution orange", - le premier mouvement pro-européen qui, en 2004, fit reculer le président Ianoukovitch qui avait falsifié les élections- , la belle Ioulia Timochenko était surnommé "la princesse du gaz".

    C'est en vendant de l'or bleu russe que la future championne pro-européenne qui défie Moscou a fait fortune et assuré son ascension politique. En 1995, elle fonde avec son mentor Pavel Lazarenko, qui deviendra ministre de l'énergie puis premier ministre, la compagnie de distribution d'hydrocarbures Système énergétiques unis d'Ukraine (SEUU).

    Devenu ministre, Lazarenko, qui fut condamné en 2006 à neufs ans de prison pour fraudes, blanchiment d'argent et extorsions aux Etats-Unis, lance une réforme dont le principal bénéficiaire (près de 4 milliards de dollars) fut sa compagnie et celle de Timochenko....

    A cette époque, la "Dame aux tresses" s'entend très bien avec les Russes: elle fait d'excellentes affaires avec le géant du gaz russe Gazprom.

    Une femme d'affaires ambitieuse

    En 1996, l'ambitieuse femme d'affaires, qui est devenue l'un des premières fortunes d'Ukraine, se lance en politique, fonde bientôt son parti "La Patrie", qui sera le socle au Parlement de la coalition qu'elle baptisera modestement "le Bloc Timochenko".

    Avec ses robes moulantes, ses mini-jupes et ses talons aiguilles, elle fait sensation dans un monde politique d'hommes en costumes sombres. Rompue aux techniques modernes de communication comme aux bonnes vielles méthodes de la corruption, elle connait une rapide ascension.

    En 1999, elle devient ministre de l'énergie du président Léonid Koutchma, qui, assailli de toutes parts notamment pour corruption, finira dans les bras de Moscou après avoir fait des œillades à l'Ouest.

    Elle est congédiée en 2001 par Koutchma en raison de ses ambitions et de son succès, car elle a réussi à reformer le très stratégique secteur énergétique, selon ses partisans.

    Parce que l'on a découvert de graves fraudes, selon ses détracteurs. Accusée de "contrebande et de falsification de documents" pour avoir importé frauduleusement du gaz russe en 1996, lorsqu'elle était présidente des Systèmes énergétiques unis d'Ukraine, elle est arrêtée et, déjà, emprisonné, quelques semaines. Lorsque la fortune politique lui sourira de nouveau, les charges seront abandonnées.

    Premier ministre après la "Révolution orange"

    Rejetée par le système, cette femme pourtant originaire de Dnipropetrovsk, une ville russophone et russifié du sud de l'Ukraine, se lance alors à corps perdu dans l'opposition "nationaliste", avec la même détermination qu'elle a mis à construire son empire gazier.

    L'oligarque enrichie dans des conditions douteuses, au féroce appétit de pouvoir et d'argent, compense son manque de légitimité populaire par un vibrant populisme.

    Avec sa fortune, elle sait aussi acheter des fidélités. Lors de la révolution orange de 2004, elle est aux avant-postes, enflamme les foules par ses discours radicaux et bien balancé. Elle est belle, charismatique, énergique, bonne oratrice et courageuse. La paysanne glamour s'est mué en "Dame de fer".

    Elle devient "la Timochenka". Nommée premier ministre après la révolution orange, "l'ingénieur-économiste" mais de type post-soviétique gère le pays de façon assez désastreuse, menant à la large victoire-revanche de Viktor Ianoukovitch en 2010 dans un pays exsangue.

    A en croire les télégrammes de l'ambassade américaine à Kiev, révélés par Wikileaks, son bilan se résume alors en ces termes : paralysie politique, gabegie, économie étouffée par la corruption. La guerre intestine pour le pouvoir avec le président Ioutchenko, l'autre "héros" de la révolution orange, paralyse alors toutes réformes.

    La corruption fait des ravages, le pays s'endette, la production décline. Les partisans des réformes sont écartés. Comme souvent, Ioulia Timochenko joue double jeu: elle est soutenue en sous-main par les oligarques qu'elle qualifie publiquement de "cancer". Assoiffée de pouvoir, elle veut tout contrôler mais, à en croire le télégramme de l'ambassade US, "manque de compréhension élémentaire des fondamentaux de l'économie."

    Ses compétences sont gravement mises en causes. Son ascension, sa fortune et celle de son parti doivent beaucoup aux sombres manœuvres plus frauduleuses qui sont le quotidien de la transition post-soviétique.

    Des relations ambigües avec Moscou

    A la présidentielle de 2010, elle échoue loin derrière Viktor Ianoukovitch. C'est la vendetta. En 2011, elle est jugé et condamnée à sept ans de prison pour "abus de pouvoir", pour avoir signé comme premier ministre en 2009 un contrat gazier très avantageux pour la Russie.

    Accusé d'être pro-russe et corrompu, Ianoukovitch se venge et neutralise son adversaire en l'accusant d'avoir vendu le pays à Moscou. Certains analystes estiment qu'en fait Ianoukovitch, qui passe, à tort, pour un pro-russe sans nuance, a aussi voulu se venger de la lune de miel entre Ioulia Timochenko et Vladimir Poutine.

    Car pour la présidentielle de 2010, le Kremlin aurait en fait soutenu Timochenko contre son poulain naturel Ianoukovitch. Comme souvent chez les politiciens ukrainiens ballotés au gré de la crise entre les brutales pressions russes et les promesses d'Européens velléitaires, tout se joue à front renversé.

    La "pro-européenne" Timochenko déclare alors que la Russie est un "partenaire stratégique", tandis que le "pro-russe" Ianoukovitch se prononce désormais pour une adhésion à l'Union européenne... Sous la pression de la Russie, qui n'a pas hésité à couper le gaz en plein hiver, la dame aux tresses, "pro-occidentale" mais qui a fait fortune avec la Russie, a commencé à balancer vers l'Est pour garder le pouvoir.

    C'est d'ailleurs à ce moment là que la première ministre ukrainienne a vu les poursuites et le mandat d'arrêt international lancés à son encontre par les autorités russes pour corruption, classés sans suite. Quand il le faut, le "Dame de fer" ukrainienne sait aussi plier.

    Jean-Baptiste Naudet

  • Ma famille inspire le Pape

    Photo : Mon ancêtre, San Francisco de Borgia

     

    François, humble comme d'Assise, jésuite comme Borgia ?

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    Publié le 14-03-2013 à 13h29

    Pourquoi Jorge Mario Bergoglio a-t-il choisi de s'appeler François? Sans doute en référence à Saint-François d'Assise, mais pas seulement...  

    L'Argentin Jorge Mario Bergoglio a été élu pape à la surprise générale le 13 mars 2013. (AP/SIPA)L'Argentin Jorge Mario Bergoglio a été élu pape à la surprise générale le 13 mars 2013. (AP/SIPA)
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    De réseaux sociaux en chaînes d'info, le nom de"François Ier" s'est répandu comme une trainée de poudre, quelques secondes après l"Habemus Papam", ce mercredi 13 mars au soir. Jorge Mario Bergoglio s'appellera tout simplement "pape François", a rectifié un peu plus tard le porte-parole du Vatican. La référence à Saint-François d'Assise, le fondateur, au XIII e siècle, de l'ordre mendiant des franciscains, s'est vue aussitôt saluée.

    Bergoglio "a toujours été un défenseur des plus pauvres. Ce n’est pas un mondain, il n’est pas du côté des puissants. Ainsi s’explique son choix, symbolique, de prendre le nom de François", analyse Mgr Barbarin, l'archevêque de Lyon. Saint-François d'Assises a voulu, au XIIIe siècle, "reconstruire l'Eglise" catholique avec "les pierres vivantes que sont les pauvres", rappelle quant à lui Mgr Bernard Podvin, président de la conférence des évêques de France.

    Bidonvilles et prédication

    "Saint-François d'Assise a réformé l'Eglise du Moyen-âge à une époque où celle-ci se trouvait empêtrée dans la richesse et le pouvoir", rappelle l'historien des religions Fréderic Lenoir. Aux XIe et XIIe siècle, la prospérité économique et les donations profitent aux établissements religieux, discréditant le discours de glorification du dénuement.

    L'ambiance est au retour aux sources du christianisme, à la pauvreté volontaire prônée par le Christ et les apôtres, génératrice de grande estime sociale. C'est dans ce contexte qu'émergent les ordres mendiants, dont celui des franciscains, prônant une vie fraternelle et missionnaire.

    Issu d'une riche famille marchande italienne, Saint-François d'Assise, après une jeunesse dissipée, renonce à son héritage sur la place publique d'Assise et se place sous la protection de l'évêque du lieu. Suivant son souhait "d'épouser Dame Pauvreté", il se consacre à la prédication, vit du travail manuel et de l'aumône, secourt les plus démunis, soutient les pauvres prêtres et entreprend la reconstruction des chapelles en ruine.

    Initiateurs d'une radicalité nouvelle dans le choix de la pauvreté, les franciscains ou "ordre des frères mineurs" - au sens de socialement inférieurs - entendent partager la condition de ceux qu'ils défendent. Un exemple dont le pape François, connu pour préférer les transports en commun et avoir renoncé à investir la luxueuse résidence des archevêques de Buenos Aires, semble s'être inspiré. En 2009, celui que Mgr Barbarin se souvient avoir vu "marcher en sandales" habite chez un de ses curés menacé de mort par des narcotrafiquants, dans un bidonville.

    Des références multiples... dont celle de Saint François Borgia ? 

    Les deux hommes partagent la même réserve envers le pouvoir. Par choix, Saint-François d'Assise n'accède jamais aux ordres de la prêtrise et reste diacre toute sa vie. Le pape François, lui, aura finalement cédé. A en croire les indiscrétions du conclave de 2005, le cardinal Bergoglio se serait vu attribuer 40 voix au premier tour des votes, avant de signifier son refus de la charge pontificale.

    D'autres François auraient pu inspirer Bergoglio. "Les papes choisissent toujours leur nom en référence à plusieurs personnages", rappelle l'historien de la religion Hervé Yannou, qui évoque, entre celles de François de Paule et de François de Sales, la piste de Saint François Borgia. Mort en 1572, ce grand d'Espagne, arrière-petit-fils du  sulfureux pape Alexandre VI, est l'un des premiers généraux de l'ordre des jésuites. Auquel appartient - une première dans l'histoire du Vatican - le pape François.

     

     http://www.corazones.org/santos/francisco_borja.htm

    San Francisco de BorjaSaint François de Borgia SJ 
    (1510-157 2) 
    Partie 3 Octobre.

    Desc Mesh de la royauté, duc de Gandia, gouverneur, vice-roi de Catalogne, conseiller de l'empereur Charles Ier d'Espagne et V d'Allemagne, un parent, un prêtre veuf, troisième Supérieur Général de la Compagnie de Jésus View. saint Ignace de Loyola .

    "Je ne serai jamais plus servir comme un homme qui pourrait mourir!"

    En bref: Francisco de Borja est né à Gandia (Valence) en 1510. Grand Empereur Charles V privé et le marié impératrice Isabelle vivaient palais exemplaire. La vue du cadavre de l'impératrice l'a conduit à mépriser les vanités de la cour. Il était vice-roi de Catalogne et le duc de Gandia. Après la mort de sa femme en 1546, qui a terminé découpler le monde, est entré dans la Compagnie de Jésus, dont il est devenu supérieur général. Il distingue surtout par sa profonde humilité. Donné une grande impulsion aux missions. Il est mort à Rome le 1er Octobre 1572. 
    Il a été canonisé en 1671.

    Dans une lettre de lui: «Ils sont tout simplement génial devant Dieu ceux qui ont par le petit"


    La famille Borja, a été l'un des plus célèbres du royaume d'Aragon, en Espagne. Est devenu célèbre quand Alfonso Borgia est élu pape sous le nom de Calixte III. A la fin du siècle, il y avait un autre pape Borja, Alexandre VI, qui avait quatre enfants quand il a été élevé à la papauté. Pour donner à son fils Peter, acheté le duché de Gandia (Valence, Espagne). Pedro, à son tour, a légué à son fils Jean, qui a été tué peu de temps après son mariage. Son fils, le troisième duc de Gandia, épousa la fille naturelle d'un fils de Ferdinand V d'Aragon.De ce mariage est né le 28 Octobre de1510 Francisco de Borja y Aragón, notre saint, qui était le petit-fils d'un pape (Alexandre VI) et un roi (Fernando) et aussi le cousin de l'empereur Charles V.

    Une fois qu'il eut terminé ses études, à dix-huit ans, Francisco entra dans la cour de ce dernier. D'ici là, un incident s'est produit dont l'importance n'a pas été vu plus tard. À Alcalá de Henares, Francisco a été très impressionné à la vue d'un homme qui conduisait à la prison de l'Inquisition: l'homme était Ignace de Loyola.

    Famille de foi Père et vice-roi de Catalogne

    Il s'est marié à 19 ans avec Leonor de Castro et a eu huit enfants. L'année suivante, il reçoit de l'empereur le titre de marquis de Lombay.À 29 ans, Charles V l'a nommé vice-roi de Catalogne (1539-1543), dont la capitale est Barcelone. Des années plus tard, François disait: «Dieu m'a préparé pour ce poste en général de la Compagnie de Jésus J'y ai appris à prendre des décisions importantes, à la médiation des différends, pour examiner les questions de deux points de vue S'il y avait .. été vice-roi n'avait jamais appris. "

    Dans l'exercice de son bureau consacré à la prière tant qu'ils lui permettent affaires publiques libres et les affaires de sa famille. Les membres de la cour négativement commenté combien de fois communié depuis vigueur idée, très différente de celle des premiers chrétiens, que l'entreprise impliqués dans le monde séculier commettre un péché de présomption si je suis trop souvent Sacrement du Corps du Christ. En un mot, vice-roi de Catalogne "voir avec de nouveaux yeux et entendre avec d'autres oreilles que par le passé. Spoke une autre langue, parce que son cœur avait changé"

    A Barcelone, il a trouvé de San Pedro de Alcantara et le jésuite Bienheureux Pierre Favre. Cette dernière réunion, nous verrons plus tard, a joué un rôle Francisco.

    Francisco était un chrétien modèle

    En 1543, à la mort de son père, il a hérité du duché de Gandia. Comme le roi Jean du Portugal a refusé de l'accepter comme le personnage principal dans la cour de Philippe II, qui devait épouser sa fille, Francis a démissionné la vice-royauté et se retira avec sa famille à Gandia. Ce fut un coup sérieux à sa carrière publique, et depuis lors, le duc est devenu préoccupé par ses affaires personnelles.

    En effet, la ville fortifiée de Gandia pour se protéger contre les pirates barbaresques, un couvent dominicain construit en Lombay et réparé un hôpital. D'ici là, l'évêque de Carthagène a écrit à un ami. "Lors de mon récent séjour à Gandía j'ai réalisé que Don Francisco est un modèle de ducs et un miroir de chevaliers chrétiens Il est un homme humble et vraiment bon, un homme de Dieu dans tous les sens du mot ... Apprenez à vos enfants avec un soin extraordinaire et se soucie vraiment de sa servitude. rien tant que la société de prêtres et de religieux aime ... "

    francisco borja
    San Francisco de Borja 
    Eglise Manresa, Espagne

    La rencontre avec la mort donne une nouvelle vie

    Voici l'histoire:

    La même année, il a été nommé vice-roi de Catalogne, François a reçu la mission de conduire Grenade enterrement réelle des restes de l'impératrice Elisabeth. Il avait souvent vu entouré de flagorneurs et toutes les richesses de la cour. Lorsque vous ouvrez le cercueil pour identifier le corps, le visage du défunt était déjà en décomposition. Francisco a ensuite pris sa fameuse résolution "ne servira jamais plus comme un homme qui pouvait mourir"! "Profondément compris l'expiration de la vie terrestre.

    Quelques années plus tard, d'être malade de son épouse, a demandé à Dieu pour la guérison et une voix du ciel dit: «Vous pouvez choisir pour la vie ou la mort de votre femme, mais si vous préférez la vie, il ne sera ni à votre avantage, ni . pour ses «larmes de Perte et il a répondu:« Que ta volonté et non la mienne soit faite ».

    La mort de Doña Leonor, sa femme, qui a eu lieu en 1546 a été une douleur importante pour Francisco. Le plus jeune de huit enfants était âgé de seulement huit ans quand il est mort Dona Leonor.

    La même année, le bienheureux Pierre Favre arrêté quelques jours à Gandia et Francis a fait les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola. Le 2 Juin, il a fait les vœux de chasteté, d'obéissance, et entra dans la Compagnie de Jésus. La Sainte Favre partit de là à Rome, porteur d'un message du duc de San Ignacio, en informant le fondateur de la Compagnie de Jésus qui avait juré de se joindre à l'ordre. San Ignacio était heureux de la nouvelles, cependant, a informé le duc reporte l'exécution de leurs projets jusqu'à ce que ils ont fini par l'éducation de leurs enfants et que, pendant ce temps, de tenter d'obtenir son doctorat en théologie à l'Université de Gandia , qui venait de fonder. Il a conseillé également pas divulgué son but, parce que «le monde a des oreilles pour entendre une telle vacarme."

    Francisco promptement obéi. Mais l'année suivante, il a été convoqué à la cour d'Aragon, qui a nui à la réalisation de ses objectifs. Dans cette perspective, San Ignacio a donné la permission pour lui de faire dans la profession privé. Trois ans plus tard, le 31 Août, Courchevel 1550, quand tous les enfants du duc étaient déjà en place, il partit pour Rome, San Ignacio rencontré et, après avoir donné le duché de Gandia, entré dans la Compagnie de Jésus à l'âge de trente-neuf.

    Quatre mois plus tard, il revint en Espagne et se retira dans un ermitage de Oñate, près de Loyola. De là, obtenu la permission de l'empereur de transférer leurs titres et biens à son fils Charles. Ensuite, la tête et la barbe rasée, ont pris l'habit ecclésiastique, et a étéordonné dans la semaine de la Pentecôte, le 26 mai 1551. "Le duc avait été fait jésuite devenu la sensation du temps. Pape a accordé l'indulgence plénière à ceux d'assister à sa première messe en Vergara, et la foule rassemblée était si grand qu'il a dû mettre l'autel en plein air.

    Le but de renoncer aux honneurs a également été testé dans la vie religieuse. Carlos V proposé comme un cardinal, mais Francis a diminué.

    La chambre haute Oñate a nommé assistant chef: son travail consistait à aller chercher l'eau et le bois pour allumer le poêle et nettoyer la cuisine. Lors de la participation à la table et fait une erreur le saint duc a dû s'excuser à genoux pour servir la communauté par maladroitement.

    Immédiatement après son ordination, il a commencé à prêcher dans la province de Guipúzcoa et a traversé les villages sonner une cloche pour les enfants et les adultes instruction de catéchisme. Pour sa part, Francisco supérieure l'a traité avec une sévérité semblait exiger que la noblesse du duc. Sans doute le saint a beaucoup souffert à l'époque, mais n'a jamais donné le moindre signe d'impatience.

    Une fois, il avait ouvert une blessure à la tête, le médecin a dit à la vendársela: «Je crains, monsieur, que je vais faire des dégâts à votre grâce." Francisco a répondu: «Rien ne peut me faire plus de mal que le traitement que vous me donnez la dignité." Après sa conversion, le duc a commencé à pratiquer des pénitences extraordinaires, il était un homme très gras, mais sa figure a commencé à réduire rapidement. Bien que ses supérieurs ont mis fin à leurs excès, San Francisco a réussi à inventer de nouvelles pénitences. Plus tard, il a admis que, en particulier avant d'entrer dans la Compagnie de Jésus, avait mortifié son corps trop sévèrement

    Depuis quelques mois, il a prêché l'extérieur Oñate. Le succès de sa prédication était immense. De nombreuses personnes l'ont emmené pour directeur spirituel. Il a été le premier à reconnaître la grande valeur de Santa Teresa de Jesus. Après des merveilles en Castille et en Andalousie, il s'est surpassé au Portugal.

    San Ignacio donne la position de la province

    San Ignacio a été nommé provincial des jésuites en Espagne. San Francisco de Borja a montré son zèle à tout exprimé l'espoir que la Compagnie de Jésus permettrait de distinguer dans le service de Dieu par trois normes: la prière et les sacrements, l'opposition à la mentalité du monde et l'idéal obéissance. Ce sont les caractéristiques de l'âme du saint.

    Dieu a utilisé San Francisco de Borja pour établir le nouvel ordre en Espagne. Il a fondé une multitude de maisons et les écoles au cours de ses années en général. Cela n'a pas empêché, cependant, l'inquiétude au sujet de votre famille et les affaires de l'Espagne. Par exemple, elle a ramolli les derniers moments de Juana la Loca, qui avait perdu son esprit cinquante ans plus tôt, après la mort de son mari et, depuis lors, ont connu une aversion étrange au clergé.

    L'année suivante, peu de temps après la mort de saint Ignace, abdication de Charles Quint, il s'enferma dans le monastère de Yuste et envoyé pour San Francisco. L'empereur ne s'était jamais senti prédilection pour la Compagnie de Jésus et dit le saint qui était malheureux qui avait choisi cet ordre. Il a avoué pourquoi il avait fait jésuite et a affirmé que Dieu l'avait appelé à un état ​​qui se joindrait à l'action et la contemplation dans laquelle dignités libres qui lui avaient empoisonné dans le monde voir.

    Il a dit que, par la façon dont la Compagnie de Jésus était un nouvel ordre, mais la ferveur de ses membres avait plus de valeur que l'ancien, parce que «l'ancienneté n'est pas une garantie de ferveur." C'est préjugés ont été dissipés Carlos V.

    Il est élu Supérieur général et joue un excellent travail

    San Francisco n'était pas en faveur de l'Inquisition et le tribunal n'a pas le voir favorablement, alors que Philippe II a dû écouter plus d'une fois calomnies envieuses soulevés contre le saint duc. Il est resté au Portugal jusqu'en 1561, lorsque le Pape Pie IV lui appelé à Rome à la demande du P. Lainez, général des jésuites.

    A Rome, il a été accueilli cordialement. Parmi ceux qui ont assisté à ses conférences régulièrement cardinal Charles Borromée et le cardinal Ghislieri, qui devint plus tard pape sous le nom de Pie V. avait Il sont internalisés sur les affaires de l'entreprise et ont commencé à occuper des postes d'importance. En 1566, la mort de P. Lainez a été élu général, un poste qu'il a occupé jusqu'à sa mort.

    Pendant les sept années qu'il a occupé ce poste, donné comme une impulsion à leur ordre dans le monde entier, qui peut être appelé le second fondateur. Le zèle avec lequel propage les missions et l'évangélisation du monde païen immortalisé son nom. Et il y avait moins diligents dans la distribution de leurs sujets en Europe pour aider la réforme des douanes. Son premier soin fut d'établir un noviciat régulier à Rome et a ordonné qu'ils devraient faire de même dans les différentes provinces.

    Au cours de sa première visite dans la Ville éternelle, quinze ans auparavant, il avait un vif intérêt dans le projet de fonder le Collège romain et avait donné une somme généreuse à mettre en œuvre. Comme une entreprise, il a occupé personnellement de diriger le Collège et de préciser le programme. Pratiquement c'est lui qui a fondé le Collège romain, mais a toujours refusé le titre de fondateur, qui est habituellement donnée à Grégoire XIII, qui a restauré avec le nom de l'Université Grégorienne.

    San Francisco a construit l'église de Sant'Andrea al Quirinale et a fondé le noviciat dans la résidence voisine, a également commencé la construction du Gesu et élargi le Collège allemand, dans lequel les missionnaires destinés à prêcher dans les régions du nord de l'Europe ont été préparés protestantisme qui avait ravagé.

    Saint Pie V avait une grande confiance dans la Compagnie de Jésus et d'admiration pour leur général, de sorte que San Francisco de Borja pouvait se déplacer avec une grande liberté. Pour lui, la mesure de la Compagnie de Jésus doit être au-delà des Alpes, et la création de la province de Pologne. Usant de son influence à la cour de France, ont succédé aux jésuites étaient bien là et fundasen plusieurs écoles ont reçu. Par ailleurs réformé missions de l'Inde, l'Extrême-Orient et a commencé des missions en Amérique.

    Parmi son travail législatif devrait avoir une nouvelle édition des règles de la Société et un certain nombre de directives pour les jésuites dédiés à des emplois particuliers. Malgré le travail extraordinaire qu'il a occupé pendant sept ans des généraux, jamais une trace de l'objectif qu'il s'était fixé une embardée, ni négligé sa vie intérieure.

    Un siècle plus tard écrit P. . Verjus: «Vous pouvez vraiment dire que la Société est de San Francisco de Borja sa forme caractéristique et la perfection de San Ignacio de Loyola conçu le bâtiment et jeté les bases, les murs construits Laínez P.; San Francisco de Borja couvert l' bâtiment et disposé à l'intérieur et, de cette façon, ont terminé l'excellent travail que Dieu avait révélé à San Ignacio ".

    Malgré ses nombreuses occupations, San Francisco trouve encore le temps de prendre soin des autres questions. Par exemple, lorsque la peste sévit à Rome, 1566, rencontré les aumônes saints pour aider les pauvres et envoyé ses sujets, par paires, à soigner les malades de la ville, malgré le danger, il les exposait.

    Il a été proposé au poste de cardinal et avait des chances de devenir pape, mais n'a pas accepté.

    En 1571, le pape envoya le cardinal Bonelli une ambassade à l'Espagne, le Portugal et la France, et San Francisco de Borja l'accompagnait. Bien que l'ambassade a été un échec du point de vue politique, était un triomphe personnel pour Francis. Foules partout "sainte voir Duke" et réunis pour l'entendre prêcher, Philippe II, oublier les vieilles querelles, le reçut aussi bon cœur que ses sujets.

    Mais la fatigue de Voyage se précipita vers San Francisco. Son cousin le duc Alphonse, alarmé par l'état de sa santé, envoyé de Ferrare à Rome dans une litière. Il avait déjà à peine deux jours. Grâce à son frère Thomas, San Francisco a envoyé sa bénédiction à chacun et à leurs enfants et petits-enfants, que son frère a répété les noms de chacun, ont prié pour eux.

    Il avait une profonde dévotion à l'Eucharistie et la Vierge. Gravement malade, quand vous aviez seulement deux jours, a voulu visiter le sanctuaire marial de Loreto .

    Lorsque le saint a perdu son discours, un peintre est venu à représenter. Vu le peintre, San Francisco a exprimé sa désapprobation avec le regard et le geste et non autorisé à peindre. Il est mort à minuit le 30 Septembre 1572. Dans les mots du P. Brodrick était «l'un des plus bons, aimables et nobles hommes qui avaient fait un pas sur notre pauvre monde."

    Humilité

    Dès le moment de sa «conversion», San Francisco de Borja, canonisé en 1671, conscient de l'importance et de la difficulté de parvenir à une véritable humilité et toutes sortes d'humiliations dans les yeux de Dieu et des hommes gagnés . Un jour, à Valladolid, où les personnes ont reçu le saint en triomphe, le P. Francisco Bustamante a noté que montré encore plus humble que d'habitude et a demandé la raison de son attitude. Il a répondu: "Ce matin, pendant la méditation, j'ai réalisé que ma vraie place est en enfer et j'ai l'impression que tous les hommes, même les plus stupide, doivent crier:« Allez prendre votre site l'enfer. "

    Un jour, les novices ont avoué que, pendant les six ans, il avait été méditant sur ​​la vie du Christ, a toujours mis en esprit aux pieds de Judas, mais il avait récemment pris conscience que le Christ a lavé les pieds du traître et pour cette raison, ne pas se sentir digne d'approcher ou même Judas.

    Francisco n'était pas dupe du monde. Ne sachant rien de tout confié à Jésus-Christ et la sainteté atteint.

    Canonisé en 1671.

    En mai 1931, la vénérable maison religieuse qui abritait son corps à Madrid, a été détruite dans l'incendie causé par les révolutionnaires.

  • Histoire de notre découpage administratif

    ACTUALITÉ > POLITIQUE > MOINS DE RÉGIONS ? LE DÉCOUPAGE TERRITORIAL, UN HÉRITAGE ENCOMBRANT

    Moins de régions ? Le découpage territorial, un héritage encombrant

    Publié le 18-01-2014 à 09h06

    François Hollande veut réformer les collectivités locales. Aucun président n'a pour l'heure réussi à mettre de l'ordre dans un découpage lesté de siècles d'histoire.

    Fiction - la carte des régions redessinée. On ignore pour l'instant comment le nombre de régions pourra être réduit... (Mehdi Benyezzar/

    Fiction - la carte des régions redessinée. On ignore pour l'instant comment le nombre de régions pourra être réduit... (Mehdi Benyezzar/

    François Hollande l'a annoncé lors de sa conférence de presse : une réforme des collectivités locales est sur les rails. "Notre organisation territoriale devra être revue" pour "en finir avec les enchevêtrements, les doublons et les confusions" de compétences, il devra y avoir "une clarification stricte des compétences entre collectivités territoriales". Cela concerne notamment "les régions dont le nombre peut aussi évoluer", a déclaré le président de la République.

    En France, on dénombre pas moins de 26 régions, 101 départements et 36.600 communes. Sans parler des métropoles, des intercommunalités ou des nombreuses autres formes institutionnelles locales.

    L'idée est donc de remettre de l'ordre. Mais cette volonté, qui n'est pas nouvelle, n'a pour l'heure jamais abouti. La carte territoriale a du mal à s'affranchir d'un héritage vieux de 200 ans.

    La Révolution française

    En 1789, la Savoie, Nice et Belfort ne sont pas encore rattachés au royaume de France. Avignon et le Comtat Venaissin appartiennent aux Etats du pape.

    Vient la Révolution française. En 1790, l'Assemblée nationale vote une nouvelle division administrative du territoire. Les provinces de l'ancien régime laissent place à 83 départements et aux communes - cellule de base de ce nouveau découpage.

    Les 83 départements de 1790 :

    "Les contours des départements ont respecté l'héritage de la monarchie. Mais l'Assemblée nationale leur a donné de nouveaux noms. La Marche est devenu la Creuse, l'Orléanais est devenu Le Loiret, etc.", précise Gérard-François Dumont, géographe et professeur à la Sorbonne-Paris 4. "On remarque que cet héritage n'a pas bougé ou presque. Chaque réforme jusqu'à aujourd'hui respecte les départements."

    Le Rhône-et-Loire est scindé en deux en 1793, année où est également créé le Vaucluse. Le Tarn-et-Garonne naîtra en 1808. La Savoie, la Haute-Savoie et les Alpes-Maritimes sont intégrées à la France en 1860. La frontière entre la Meurthe et la Moselle changera avec l'annexion allemande en 1871. Le Territoire de Belfort devient département en 1922. En 1968, la Seine-et-Oise est morcelée entre Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Val-d'Oise. La Corse est scindée entre Haute-Corse et Corse-du-Sud en 1976. Tout cela sans compter les départements de l'empire napoléonien et de l'Algérie, ainsi que les actuels départements d'Outre-mer.

    Un Hexagone à 95 départements en 2014 :

    La naissance des régions

    Le décret Pflimlin, signé le 28 novembre 1956, lance les "programmes d'action régionale" en vue de "promouvoir l'expansion économique et sociale des différentes régions". La France de de Gaulle voit apparaître 24 circonscriptions régionales, dont 22 en métropole. L'ancêtre des régions est né.

    "Dans les faits, ça a été des découpages hasardeux", explique Michel Verpeaux, professeur de droit public à l'université Paris 1-Panthéon Sorbonne et spécialiste des collectivités locales. "L'idée, c'était surtout de créer des zones économiques homogènes. Alors on a créé des unités d'un million d'habitants." 

     

  • Le Conseil d'Etat, un rempart français qui porte en son nom de quoi en faire un ennemi pour les libertariens

    Affaire Dieudonné : le Conseil d'Etat réplique aux critiques

    LE MONDE | 11.01.2014 à 10h21 • Mis à jour le 12.01.2014 à 03h44 |Propos recueillis par Franck JohannèsStéphanie Le Bars et Luc Bronner

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    Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d’Etat, le 10 janvier.

     

    Après les deux ordonnances confirmant l'interdiction des spectacles de Dieudonné à Nantes et Tours, le vice-président du Conseil d'Etat, Jean-Marc Sauvé, répond aux critiques sur la limitation de la liberté d'expression.

    La rapidité de l'intervention du Conseil d'Etat, quelques heures après la décision du tribunal administratif de Nantes, jeudi 9 janvier, a semblé à beaucoup étonnante.

    Le Conseil d'Etat s'est prononcé dans ces affaires en appel, dans le cadre d'une procédure d'extrême urgence, le référé-liberté, où il doit statuer en moins de quarante-huit heures lorsqu'est invoquée une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Si le juge laisse passer l'événement à l'occasion duquel cette atteinte est alléguée, il ne peut que conclure à un non-lieu, c'est-à-dire renoncer à se prononcer et à exercer son office. Le Conseil d'Etat, comme les tribunaux administratifs, refuse par principe de consentir à cette mutilation. Ainsi le juge des référés doit statuer, dès lors que c'est possible, avant que ne se produise l'événement en question. C'est la raison pour laquelle, jeudi, le juge des référés du Conseil était prêt à statuer sur l'appel émanant de toute partie avant l'heure du début du spectacle.

    Si l'appel était venu de Dieudonné M'bala M'bala et non du ministère de l'intérieur, cela aurait également été le cas ?

    Evidemment ! Et c'est bien ce qui s'est produit vendredi  [le Conseil d’Etat a prononcé une seconde ordonnance, confirmant l’interdiction du spectacle].

    Le fait d'interdire un spectacle ne constitue-t-il pas une atteinte inédite à la liberté d'expression ?

    Le Conseil d'Etat s'est prononcé en considération de sa jurisprudence, notamment les arrêts « commune de Morsang-sur-Orge » et « Benjamin », qui ont respectivement 18 et 81 ans d'âge. Il a, avec ce spectacle, été confronté à une situation inédite d'articulation entre la liberté d'expression et ses limites nécessaires dans une société démocratique. Vous me permettrez de ne pas endire davantage, car si M. M'bala M'bala demande au fond l'annulation des interdictions de son spectacle, je suis susceptible de siéger en cas de pourvoi en cassation, après examen collégial par le tribunal puis la cour administrative d'appel.

    Qu'entendez-vous par « situation inédite » ?

    Le Conseil d'Etat n'a jamais été confronté à des dossiers dont les caractéristiques étaient analogues à celles du spectacle qui a justifié les mesures d'interdiction. En particulier, c'est la première fois que se pose la question de savoir commentprévenir des provocations répétées à la haine et à la discrimination raciale et des propos portant atteinte à la dignité humaine.

    Je voudrais d'ailleurs couper court à des insinuations malveillantes : c'est la loi qui dispose que le juge des référés du Conseil d'Etat est le président de la section du contentieux ainsi que les conseillers d'Etat qu'il désigne à cet effet. En outre, ceux qui critiquent aujourd'hui pour des raisons ignominieuses l'ordonnance rendue jeudi se sont bien gardés de critiquer celle qui a enjoint de ne pas faire obstacle à l'université d'été du Front national à Annecy en 2002. Et pourtant ces deux décisions ont le même auteur. On serait avisé d'y réfléchir.

    Quelle est la portée jurisprudentielle de ces décisions ?

    Elles sont de nature à éclairer les juges des référés des tribunaux administratifs, pour autant que les circonstances soumises à ces juges soient identiques ou très semblables. Elles concernent un spectacle, tel qu'il a été conçu et précédemment interprété, ainsi que des circonstances locales déterminées.

    Avez-vous conscience du trouble qu'ont engendré ces décisions du Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative traditionnellement attachée à la défense des libertés ?

    Le juge n'est pas dans une tour d'ivoire. Mais il exerce son office en droit et en toute impartialité. Dans ces affaires, il s'est situé dans la continuité de sa jurisprudence, qui est protectrice des libertés, mais qui a aussi intégré la dignité humaine comme composante de l'ordre public. Lorsqu'il se prononce, il le fait aussi au regard de la convention européenne des droits de l'homme, dont les articles 10 et 11 assortissent les libertés d'expression et de réunion de restrictions nécessaires et proportionnées.

    La « cohésion nationale », visée par la première ordonnance, fait-elle partie de la jurisprudence classique du Conseil ?

    Cette notion fait écho aux valeurs et principes essentiels de notre société, sans lesquels le lien social serait rompu.

    Que répondez-vous aux critiques qui assurent que le Conseil d'Etat est une institution politique ?

    Cela est parfaitement injustifié et ne rend compte en aucune manière de la réalité du travail du Conseil et de l'éthique de ses membres, qui constituent une référence en Europe. On ne peut approuver une décision du juge lorsqu'elle vous est favorable, et la stigmatiser pour de prétendues raisons politiques lorsqu'elle est défavorable.

    Par ailleurs, en réponse au Défenseur des droits qui souhaitait voir clarifié le statut des parents accompagnant les sorties scolaires, le Conseil d'Etat a estimé que l'on pouvait restreindre l'expression des convictions religieuses. Cette position ne rompt-elle pas avec sa tradition « libérale » en matière de liberté d'expression ?

    Il n'y a pas plus en cette matière que dans l'affaire Dieudonné d'inflexion ou de revirement par rapport aux principes qui gouvernent notre jurisprudence depuis plus d'un siècle. Nous nous sommes efforcés de dissiper toute incertitude : en l'état actuel du droit, il est possible d'interdire la manifestation de convictions religieuses, politiques, syndicales ou philosophiques des parents accompagnateurs des sorties scolaires, même si ces parents ne sont pas des agents du service public. La base de cette interdiction peut résider dans le bon fonctionnement du service ou le respect de l'ordre public. Il en résulte que la circulaire Chatel [ancien ministre de l’éducation] de 2012 ne pose pas sur ce point de problème de droit.

    Elle avance pourtant comme principe que les parents sont soumis au principe de neutralité du service public. N'y a-t-il pas là une contradiction avec votre approche ?

    Les raisonnements sont un peu différents, mais leurs conclusions convergent. Le Conseil d'Etat défend une conception claire et constante du principe de laïcité qui repose à la fois sur la neutralité religieuse de l'Etat et des services publics, la garantie de la liberté de conscience, de religion et d'exercice du culte et l'égalité de tous les citoyens devant la loi, sans distinction de religion. Dans les servicespublics, nous définissons un équilibre qui doit notamment concilier liberté religieuse et neutralité du service.

  • PISA,une machine de guerre de l'OCDE contre l'instruction publique.Michel Eliard,universitaire.

    PISA,une machine de guerre de l'OCDE contre l'instruction publique.Michel Eliard,universitaire.

     

    PISA (1),teste tous les trois ans un échantillon d'élèves de 15 ans dans le monde entier (soixante cinq pays en 2012).

    La France aurait reculé du 20ème au 25ème rang par rapport à 2009.Le Monde (4 décembre 2013) tirait à la une: "Education:la France décroche".Cité par Maryline Baumard,Andréas Schleicher,responsable de PISA depuis sa création en 2000,s'en est pris directement au système d'enseignement français dans le Guardian (26 novembre 2013): "C'est un des systèmes les plus rétrogrades.On y fait beaucoup d'apprentissage par coeur."

    En 2011,il écrivait: Pour construire les compétences nouvelles,il faut faire tomber les murs entre les classes,entre les matières,et même les écoles!...Il faut en finir avec le modèle d'éducation né de l'industrialisation ,celui où des personnes dans un ministère décident de la façon dont les enfants doivent apprendre,puis rédigent des magnifiques textes et circulaires que les enseignants sont chargés de mettre en pratique" (2).

    PISA n'évalue pas,en effet,les connaissances prévues dans des programmes scolaires ,mais on peut dire que ,pour la France au moins,ce test mesure d'une certaine façon l'effet désastreux des contre-réformes de la Vème République depuis des dizaines d'années.

    Fallait-il donc dépenser 534 000 euros en 2012 (3) à tester 4300 adolescents pour apprendre ce qu'on savait déjà?

    L'école française est la bête noire de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) qui s'acharne à multiplier les injonctions aux gouvernements de diminuer les dépenses publiques: " Si l'on diminue les dépenses de fonctionnement ,il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service,quitte à ce que la qualité baisse.On peut réduire,par exemple,les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités,mais il serait dangereux de restreindre le nombre d'élèves ou d'étudiants" (4).Difficile de faire plus cynique!

     

    Quelle est la validité de PISA?


    L'échantillon d'élèves étant fondé sur le critère de l'âge et non du niveau de classe,il écarte les effets des redoublements qui ont disparu presque partout,sauf en France où il est encore une chance supplémentaire de réussite.L'échantillon français comprend donc des élèves de 15 ans qui se trouvent en seconde,mais aissi en troisième,voire en quatrième (parfois en première).Mais comme l'écrivaient Christian Baudelot et Roger Establet dans L'élitisme républicain en 2009: "Le choix du critère d'âge plutôt que d'un niveau d'enseignement  permet des comparaisons plus fiables en évitant que les résultats ne soient biaisés par l'effet du redoublement ,pratique inégalement adoptée dans différents pays". Tous les arguments sont bons pour sauver PISA.

     

    Un outil de privatisation de l'école


    Des pays qui ont adopté les prescriptions de l'OCDE ont mis en place,aux frais des parents qui en ont les moyens,des cours de rattrapage pour accéder à l'enseignement supérieur.Emma Paoli écrit,dans ce même numéro du Monde,à propos de la Corée du Sud,classée 1ère en 2012:"Les élèves sud-coréens étudient en moyenne 50 heures par semaine,soit environ 16 heures de plus que leur camarades européens .A l'école de 7h30 à 16 heures ,les trois quart rejoignent ensuite les "hawgons".Ces instituts privés préparent les jeunes ,dès le primaire,à l'examen d'entrée universitaire.Leurs parents y ont dépensé 13 milliards d'euros en 2012.Dix fois plus que les dépenses françaises en soutien scolaire (2.3 milliards d'euros) pourtant les plus élevées d'Europe."

    En substituant ,comme l'Union européenne,les compétences aux connaissances,PISA encourage la privatisation et travaille à accroître ,sur un marché du travail qui détruit chaque jour un nombre croissant d'emplois productifs,une foule de jeunes sans diplômes.

    Rien d'étonnant à ce que Vincent Peillon ait voulu tirer parti de ce classement pour tenter de conforter sa réforme face à la levée en masse des enseignants:Les systèmes les plus performants sont ceux qui démocratisent le plus l'école.C'est ce que l'on tente de faire depuis un an et demi,dans l'esprit de la loi de refondation de l'école" (octobre 2013).Qui va le croire?

    Cédric Villani,médaille Fields de mathématiques ,a posé cette question à propos de ce classement PISA:

    "Les maths sont ils mal enseignés en France? Il répond:En France ,il y a longtemps eu une tradition de mathématiques fort abstraites,mais à force de mouvements de balancier,nous penchons désormais du côté concret.Un peu trop à mon goût,car les mathématiques sont par définition une science abstraite.Les évolutions les plus dommageables concernent les horaires qui ont baissé.Les programmes qui se sont vidés et les exigences de démonstration qui sont moins fortes".

    Il serait urgent d'évaluer les évaluateurs de l'OCDE!


    (1) Program for international Student Assesment:programme international d'évaluation des élèves,traduit encore par "programme international de suivi des acquis des élèves".

    (2) VousNousIls,l'e-mag de l'éducation ,24 novembre 2011,Internet.

    (3) C'est,selon,le Monde (3 décembre 2013) ce que cela à coûté,le journaliste ajoutant:"tous les ans ,c'est à peu près le même montant en bas de la facture.

    (4) OCDE,la faisabilité de la politique d'ajustement,rapport de 1996.