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  • La proposition de Rama Yade sur le travail des vieux déjà entérinée

    On a beaucoup parlé de la proposition de Rama Yade d'obliger les personnes âgées à travailler.


    Mais la politicienne ne s'est pas engagée sur ce terrain par hasard, elle sait que tout est déjà dans les tuyaux de l'OCDE depuis longtemps, et que les politiques ne sont là que pour "ajuster" l'offre à la demande du patronat.

    On peut même retrouver dans les textes de l'OCDE, l'idée qui avait semblé farfelue, de la jeunesse socialiste qui parlait d'obliger chacun à prendre une année sabbatique (réf. ci-dessous).

     

    Le Lifelong Learning est une politique mondiale qui est en germe depuis les années 70, et Jacques Delors en a été le grand organisateur avec ce qu'on a appelé le Processus de Lisbonne.

    Tout est déjà écrit et se met lentement en place au niveau mondial et chez nous via l'Union Européenne et ses indispensables relais territoriaux régionaux, cellules de base de la mise en oeuvre du système de Lifelong Learnig, comme j'en faisais déjà état lors de ma candidature aux élections régionales de 2010.

    A l'époque, nombreux furent ce qui, ignorant tout de ces sujets, se moquèrent de mes alertes sur la supériorité des politiques mondiales sur les politiques éducatives nationales, le fait que ces politiques soient téléguidées par l'adéquation des apprentissages à la demande du marché
    et non plus orientées vers la formation à la culture générale, à l'analyse, à l'esprit critique, base même de toute formation à mon sens.

    Ci-dessous, les différentes mesures qui devront être mises en place pour accueillir le travail des seniors dans une perspective de travail tout au long de la vie, jusqu'à la mort, effective ou cérébrale, puisque, si Rama Yade parlait d'utiliser la force de travail des personnes âgées jusqu'à impossibilité, on ne sait pas exactement sur quelle résistance corporelle est placé le curseur, après tout, une personne âgée invalide peut sans doute encore faire de la télévente et utiliser son "besoin" de contact intergénérationnel, pour refourguer un produit non indispensable à un de ses semblables pour le compte d'une société qui a besoin de sa productivité pour engraisser ses profits, étant entendu que le manque de vivacité sera "compensé", non pas par un faible salaire correspondant aux faibles capacités de la main d'oeuvre parkinsonienne, mais par une indemnité symbolique, voire une reconnaissance symbolique, après tout, on lui prouve par là-même qu'on ne l'abandonne pas à son triste sort de "vieille bibliothèque brûlée" comme dirait Rama Yade :

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  • PISA,une machine de guerre de l'OCDE contre l'instruction publique.Michel Eliard,universitaire.

    PISA,une machine de guerre de l'OCDE contre l'instruction publique.Michel Eliard,universitaire.

     

    PISA (1),teste tous les trois ans un échantillon d'élèves de 15 ans dans le monde entier (soixante cinq pays en 2012).

    La France aurait reculé du 20ème au 25ème rang par rapport à 2009.Le Monde (4 décembre 2013) tirait à la une: "Education:la France décroche".Cité par Maryline Baumard,Andréas Schleicher,responsable de PISA depuis sa création en 2000,s'en est pris directement au système d'enseignement français dans le Guardian (26 novembre 2013): "C'est un des systèmes les plus rétrogrades.On y fait beaucoup d'apprentissage par coeur."

    En 2011,il écrivait: Pour construire les compétences nouvelles,il faut faire tomber les murs entre les classes,entre les matières,et même les écoles!...Il faut en finir avec le modèle d'éducation né de l'industrialisation ,celui où des personnes dans un ministère décident de la façon dont les enfants doivent apprendre,puis rédigent des magnifiques textes et circulaires que les enseignants sont chargés de mettre en pratique" (2).

    PISA n'évalue pas,en effet,les connaissances prévues dans des programmes scolaires ,mais on peut dire que ,pour la France au moins,ce test mesure d'une certaine façon l'effet désastreux des contre-réformes de la Vème République depuis des dizaines d'années.

    Fallait-il donc dépenser 534 000 euros en 2012 (3) à tester 4300 adolescents pour apprendre ce qu'on savait déjà?

    L'école française est la bête noire de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) qui s'acharne à multiplier les injonctions aux gouvernements de diminuer les dépenses publiques: " Si l'on diminue les dépenses de fonctionnement ,il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service,quitte à ce que la qualité baisse.On peut réduire,par exemple,les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités,mais il serait dangereux de restreindre le nombre d'élèves ou d'étudiants" (4).Difficile de faire plus cynique!

     

    Quelle est la validité de PISA?


    L'échantillon d'élèves étant fondé sur le critère de l'âge et non du niveau de classe,il écarte les effets des redoublements qui ont disparu presque partout,sauf en France où il est encore une chance supplémentaire de réussite.L'échantillon français comprend donc des élèves de 15 ans qui se trouvent en seconde,mais aissi en troisième,voire en quatrième (parfois en première).Mais comme l'écrivaient Christian Baudelot et Roger Establet dans L'élitisme républicain en 2009: "Le choix du critère d'âge plutôt que d'un niveau d'enseignement  permet des comparaisons plus fiables en évitant que les résultats ne soient biaisés par l'effet du redoublement ,pratique inégalement adoptée dans différents pays". Tous les arguments sont bons pour sauver PISA.

     

    Un outil de privatisation de l'école


    Des pays qui ont adopté les prescriptions de l'OCDE ont mis en place,aux frais des parents qui en ont les moyens,des cours de rattrapage pour accéder à l'enseignement supérieur.Emma Paoli écrit,dans ce même numéro du Monde,à propos de la Corée du Sud,classée 1ère en 2012:"Les élèves sud-coréens étudient en moyenne 50 heures par semaine,soit environ 16 heures de plus que leur camarades européens .A l'école de 7h30 à 16 heures ,les trois quart rejoignent ensuite les "hawgons".Ces instituts privés préparent les jeunes ,dès le primaire,à l'examen d'entrée universitaire.Leurs parents y ont dépensé 13 milliards d'euros en 2012.Dix fois plus que les dépenses françaises en soutien scolaire (2.3 milliards d'euros) pourtant les plus élevées d'Europe."

    En substituant ,comme l'Union européenne,les compétences aux connaissances,PISA encourage la privatisation et travaille à accroître ,sur un marché du travail qui détruit chaque jour un nombre croissant d'emplois productifs,une foule de jeunes sans diplômes.

    Rien d'étonnant à ce que Vincent Peillon ait voulu tirer parti de ce classement pour tenter de conforter sa réforme face à la levée en masse des enseignants:Les systèmes les plus performants sont ceux qui démocratisent le plus l'école.C'est ce que l'on tente de faire depuis un an et demi,dans l'esprit de la loi de refondation de l'école" (octobre 2013).Qui va le croire?

    Cédric Villani,médaille Fields de mathématiques ,a posé cette question à propos de ce classement PISA:

    "Les maths sont ils mal enseignés en France? Il répond:En France ,il y a longtemps eu une tradition de mathématiques fort abstraites,mais à force de mouvements de balancier,nous penchons désormais du côté concret.Un peu trop à mon goût,car les mathématiques sont par définition une science abstraite.Les évolutions les plus dommageables concernent les horaires qui ont baissé.Les programmes qui se sont vidés et les exigences de démonstration qui sont moins fortes".

    Il serait urgent d'évaluer les évaluateurs de l'OCDE!


    (1) Program for international Student Assesment:programme international d'évaluation des élèves,traduit encore par "programme international de suivi des acquis des élèves".

    (2) VousNousIls,l'e-mag de l'éducation ,24 novembre 2011,Internet.

    (3) C'est,selon,le Monde (3 décembre 2013) ce que cela à coûté,le journaliste ajoutant:"tous les ans ,c'est à peu près le même montant en bas de la facture.

    (4) OCDE,la faisabilité de la politique d'ajustement,rapport de 1996.


  • Semaine des quatre jours : une semaine à gauche, une semaine à droite


    Reprise texto de mon texte écrit le
    20/05/2012

    Semaine des quatre jours : une semaine à gauche, une semaine à droite (complété)

    Où l’on reparle de la quadrature des quatre jeudis, Peillon se sent pousser des ailes, Aubry les lui coupe via Ayrault, ambiance cour de récréation, le sac de billes de l’éducation est domaine réservé des deloriens, qu’on se le dise …

    http://orianeborja.hautetfort.com/archive/2012/05/18/quel...

    Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que la semaine des quatre jours, c’est une semaine à gauche, une semaine à droite.

    En 2010, Luc Chatel s’est rendu au Danemark afin de découvrir le modèle exemplaire en matière de rythmes scolaires.

    Or il savait pertinemment que ce sont des rythmes anglo-saxons sur lesquels le nouvel ordre éducatif mondial entend nous aligner.

    Il était accompagné dans ce voyage, des deux coprésidents du Comité de pilotage de la conférence sur les rythmes scolaires, Christian Forestier, administrateur général du Conservatoire national des arts et métiers et Odile Quintin, ancienne directrice générale de l’éducation et de la culture à la Commission européenne.

    Les représentants des fédérations de parents d’élèves étaient également du voyage, et Eric Charbonnier, expert de l’OCDE sur l’éducation, partie prenante.

    Or ce sont les mêmes personnes que l’on retrouve dans les fora mondiaux sur l’éducation tout-au-long-de-la-vie ou LLL pour LifeLong Learning, initié par Jacques Delors qui en toujours le saint patron.

    C‘est ainsi que l’on nous importe, sous des prétextes fallacieux, un renforcement de la perfusion mondialiste. Les meilleurs rythmes étant ceux qui ont été évalués comme tels par les rapports de l’Ocde qui les élaborent.

    L’école des quatre jours, a ainsi été mise en place, en s’appuyant sur de prétendus débats et des revendications des réseaux de gauche qui les ont toujours revendiqués, bien qu’ils aient critiqué leur mise en place par la droite qui a profité de l’aubaine pour consolider ses réductions budgétaires en matière scolaire, tout en répondant aux directives de l’UE, courroie de transmission de la politique d’uniformisation mondialiste.

     

    En dehors des considérations économiques (vacances, fin de semaine avec les RTT), et si l’on ne prend en compte que l’intérêt de l’enfant en matière de formation, le meilleur rythme serait de revenir à la semaine : lundi-mardi-jeudi-vendredi-samedi matin.

    A gauche, on a toujours demandé la suppression de l’école le samedi.

    La gauche fut l’initiateur de cette demande.

    http://1jour1actu.com/france/en_finir_avec_lcole_le_samedi/

    En 2001, je me souviens que c’était une demande des Iufm.

    Cette gauche a seulement fait semblant de s’opposer quand c’est la droite qui a profité de l’aubaine pour l’inscrire dans sa gestion comptable de l’éducation.

    Les deux ont ensuite joué avec la possibilité de réintroduire l’école du mercredi.

    Notons au passage que le tout nouveau ministre Peillon, a pris comme directeur de cabinet Pierre-Yves Duwoye qui est dans la place depuis les années 80, sous tous les gouvernements.

    Du reste, la semaine sans samedi s’inscrit dans une uniformisation mondiale qui passe par l’UE pour qu’il n’y ait plus classe le samedi comme c’était le cas en France (comme pour le rapport Thélot, on fait semblant de discutailler démocratiquement à la base …), il y a des raisons économiques à cela, notamment liées au tourisme.

    Je rappelle qu’en revanche, les spécialistes honnêtes notent que :

    - l’horloge biologique des enfants est perturbée par deux jours consécutifs sans école

    - l’apprentissage s’en ressent surtout lors de l’acquisition de la lecture et des bases de calcul

    - les enfants rentrent plus fatigués d’un long week-end, surtout avec les parents qui profitent des Rtt pour bouger, et le rythme ne reprend sérieusement dès lors que le mardi, le lundi passe un peu en pertes et profits

    - la distorsion d’éducation se fait sentir quand certains enfants n’ont qu’un écran le samedi sans école pour occupation

    - l’effort nécessite aussi un apprentissage et ne travailler que quatre jours sur sept n’y incite pas, quatre jours et demi, ce n’était pas le bagne

    - si semaine sur cinq jours il y a, il faut la maintenir le samedi, pour les raisons ci-dessus évoquées, mais aussi pour préserver la vie des associations si bénéfiques à la santé physique et/ou culturelle de l’enfant.
    Du reste, au primaire, il est bon qu’il y ait une coupure le mercredi.

    - enfin, si les familles bénéficiaient de ce temps familial si rare de nos jours que l’on peut prendre cet élément comme positif au milieu des autres éléments négatifs, notons que pour les familles explosées, cela déresponsabilise le père -dans la majorité des cas- puisque prenant les enfants le week-end, il ignore les contraintes de l’école dans la vie quotidienne, ne gardant que la relation ludique avec l’enfant.

    On risque fort également de nous reparler bientôt des rythmes scolaires avec introduction du sport l’après-midi
    Où l’on verra encore des débats proposés servant à justifier l’uniformisation du modèle anglo-saxon dominant.

    Aux Etats-Unis, le sport occupe une place considérable en milieu scolaire.

    Si la pratique d’un sport participe d’une bonne hygiène de vie, sa pratique intensive et scolaire relève d’une autre logique.

    Toute école se doit d’avoir son vivier de sportifs et les universités se les arrachent à prix d’or. Peu importe d’ailleurs les dommages collatéraux que cela engendre quand la course à la performance à tout prix, entraîne les sportifs dans la voie du dopage forcené.

    Le seul critère de cette course est le marché qu’elle génère. L’enjeu financier est considérable à tel point que le sevrage doit se faire dès le berceau via l’école.

    Les écoles ayant les meilleurs sportifs sont les plus à même de lever des fonds via le sponsoring. Le service public de l’éducation étant destiné à se réduire à l’état et à l’Etat minimal, il devient nécessaire de trouver les sources de financement.

    En fait, il s’agissait surtout de faire sauter le samedi, la question de l’école le mercredi matin pose débat mais n’est pas un problème. Enfin, n’était.

    Sarkozy a profité des revendications de gauche pour orienter les horaires des enseignants (je parle essentiellement du primaire) vers ce que préconise l’Ocde et qui est toujours un leitmotiv : plus d’adaptation à l’élève.

    Ainsi le temps du samedi a été reporté sur les heures de soutien scolaire du soir, et/ou les réunions pédagogiques, le projet éducatif mondialiste s’appuyant sur les « sciences de l’éducation » qui contraignent aux projets collectifs.

    L’enseignant ayant au final moins d’heures de présence en classe, on pouvait de plus, sinon admettre du moins mieux faire passer, une baisse de pouvoir d’achat compte tenu de la non relation entre salaire et augmentation du coût de la vie.

    La gauche par ses réseaux éducatifs s’est plus ou moins positionnée sur l’école des cinq jours sur le mercredi matin pour diverses raisons pédagogiques et politiques.

    Il faut au moins donner l’impression de changer les choses pour expliquer pourquoi l’école d’aujourd’hui ne fonctionne pas, entraînant toujours plus de distorsion, enfermant les enfants dans un déterminisme de classes quand son rôle était de les émanciper et justement de faire éclater ce clivage.

    Les rythmes scolaires correspondent à ce prétexte, pour mieux justifier de ne pas toucher au problème réel qui est un problème essentiellement de fond reposant sur les pseudo sciences de l’éducation elles-mêmes qui ne font pas leurs preuves, mais dont la seule remise en cause serait de les poursuivre par une toujours plus grande fuite en avant.

    Mais maintenant la semaine des quatre jours devient un acquis et difficile de revenir dessus ainsi.

    D’après l’avenir éducatif scolaire qui se lit dans le marre de l’Ocde, c’est le principe de l’autonomie des établissements qui va trancher.

    Le statut de chef d’établissement pour les directeurs d’école est dans les tuyaux et est revendiqué par les concernés, question de temps et de débats blablas pour faire semblant de discuter là encore, le projet passe par l’UE, on ne nous laissera donc que le choix des modalités d’application.

    Là encore, les « sciences » de l’éducation permettent l’assise puisque le statut de chef d’établissement est corrélé au principe de « projet d’école » si cher aux enseignants « modernes ».
    Cela leur laisse un semblant d’autonomie (de-faire-comme-tout-le-monde et surtout comme-on-le-leur-impose sans qu’il n’y paraisse).

    On leur laissera ainsi le choix du rythme scolaire.

    Cela s’inscrit donc bien à nouveau dans les projets de l’Ocde de différenciation pédagogique et d’autonomie régionale.

    J’avais déjà expliqué en quoi le statut de directeur d’établissement pour le primaire facilitera par techniques juridiques le glissement vers la privatisation larvée de l’éducation, en glissant du statut de Service Public à Etablissement Public Administratif puis Etablissement Public Industriel et Commercial, puis éventuellement Société Anonyme sur l’exemple du CNED, Aéroport de Paris, EDF GDF, etc., ici :

    http://orianeborja.hautetfort.com/archive/2011/10/15/l-ec...

    Sur les postes créés, ils correspondent là aussi à la demande de l’Ocde pour mettre en route l’école à multi vitesses, salaires minimum pour des postes d’encadrants essentiellement (l’évolution des TICE permet ce glissement) et privatisation larvée, le Statut de directeur le changeant idéologiquement en chef d’entreprise qui gèrera son personnel, sa masse salariale et son « Partenarit Public-Privé », partenariat inscrit dans les principes du Nouvel Ordre Educatif Mondial, et qui permet l’adéquation -comme demandé- de la formation à la demande du marché.

    http://www.nationspresse.info/?p=140070

     
  • Semaine des quatre jours : une semaine à gauche, une semaine à droite (complété)

    Où l’on reparle de la quadrature des quatre jeudis, Peillon se sent pousser des ailes, Aubry les lui coupe via Ayrault, ambiance cour de récréation, le sac de billes de l’éducation est domaine réservé des deloriens, qu’on se le dise …

    http://orianeborja.hautetfort.com/archive/2012/05/18/quelques-reflexions-sur-le-gouvernement-hollande-ayrault.html

    Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que la semaine des quatre jours, c’est une semaine à gauche, une semaine à droite.

    En 2010, Luc Chatel s’est rendu au Danemark afin de découvrir le modèle exemplaire en matière de rythmes scolaires.

    Or il savait pertinemment que ce sont des rythmes anglo-saxons sur lesquels le nouvel ordre éducatif mondial entend nous aligner.

    Il était accompagné dans ce voyage, des deux coprésidents du Comité de pilotage de la conférence sur les rythmes scolaires, Christian Forestier, administrateur général du Conservatoire national des arts et métiers et Odile Quintin, ancienne directrice générale de l’éducation et de la culture à la Commission européenne.

    Les représentants des fédérations de parents d’élèves étaient également du voyage, et Eric Charbonnier, expert de l’OCDE sur l’éducation, partie prenante.

    Or ce sont les mêmes personnes que l’on retrouve dans les fora mondiaux sur l’éducation tout-au-long-de-la-vie ou LLL pour LifeLong Learning, initié par Jacques Delors qui en toujours le saint patron.

    C‘est ainsi que l’on nous importe, sous des prétextes fallacieux, un renforcement de la perfusion mondialiste. Les meilleurs rythmes étant ceux qui ont été évalués comme tels par les rapports de l’Ocde qui les élaborent.

    L’école des quatre jours, a ainsi été mise en place, en s’appuyant sur de prétendus débats et des revendications des réseaux de gauche qui les ont toujours revendiqués, bien qu’ils aient critiqué leur mise en place par la droite qui a profité de l’aubaine pour consolider ses réductions budgétaires en matière scolaire, tout en répondant aux directives de l’UE, courroie de transmission de la politique d’uniformisation mondialiste.

     

    En dehors des considérations économiques (vacances, fin de semaine avec les RTT), et si l’on ne prend en compte que l’intérêt de l’enfant en matière de formation, le meilleur rythme serait de revenir à la semaine : lundi-mardi-jeudi-vendredi-samedi matin.

    A gauche, on a toujours demandé la suppression de l’école le samedi.

    La gauche fut l’initiateur de cette demande.

    http://1jour1actu.com/france/en_finir_avec_lcole_le_samedi/

    En 2001, je me souviens que c’était une demande des Iufm.

    Cette gauche a seulement fait semblant de s’opposer quand c’est la droite qui a profité de l’aubaine pour l’inscrire dans sa gestion comptable de l’éducation.

    Les deux ont ensuite joué avec la possibilité de réintroduire l’école du mercredi.

    Notons au passage que le tout nouveau ministre Peillon, a pris comme directeur de cabinet Pierre-Yves Duwoye qui est dans la place depuis les années 80, sous tous les gouvernements.

    Du reste, la semaine sans samedi s’inscrit dans une uniformisation mondiale qui passe par l’UE pour qu’il n’y ait plus classe le samedi comme c’était le cas en France (comme pour le rapport Thélot, on fait semblant de discutailler démocratiquement à la base …), il y a des raisons économiques à cela, notamment liées au tourisme.

    Je rappelle qu’en revanche, les spécialistes honnêtes notent que :

    - l’horloge biologique des enfants est perturbée par deux jours consécutifs sans école

    - l’apprentissage s’en ressent surtout lors de l’acquisition de la lecture et des bases de calcul

    - les enfants rentrent plus fatigués d’un long week-end, surtout avec les parents qui profitent des Rtt pour bouger, et le rythme ne reprend sérieusement dès lors que le mardi, le lundi passe un peu en pertes et profits

    - la distorsion d’éducation se fait sentir quand certains enfants n’ont qu’un écran le samedi sans école pour occupation

    - l’effort nécessite aussi un apprentissage et ne travailler que quatre jours sur sept n’y incite pas, quatre jours et demi, ce n’était pas le bagne

    - si semaine sur cinq jours il y a, il faut la maintenir le samedi, pour les raisons ci-dessus évoquées, mais aussi pour préserver la vie des associations si bénéfiques à la santé physique et/ou culturelle de l’enfant.
    Du reste, au primaire, il est bon qu’il y ait une coupure le mercredi.

    - enfin, si les familles bénéficiaient de ce temps familial si rare de nos jours que l’on peut prendre cet élément comme positif au milieu des autres éléments négatifs, notons que pour les familles explosées, cela déresponsabilise le père -dans la majorité des cas- puisque prenant les enfants le week-end, il ignore les contraintes de l’école dans la vie quotidienne, ne gardant que la relation ludique avec l’enfant.

    On risque fort également de nous reparler bientôt des rythmes scolaires avec introduction du sport l’après-midi
    Où l’on verra encore des débats proposés servant à justifier l’uniformisation du modèle anglo-saxon dominant.

    Aux Etats-Unis, le sport occupe une place considérable en milieu scolaire.

    Si la pratique d’un sport participe d’une bonne hygiène de vie, sa pratique intensive et scolaire relève d’une autre logique.

    Toute école se doit d’avoir son vivier de sportifs et les universités se les arrachent à prix d’or. Peu importe d’ailleurs les dommages collatéraux que cela engendre quand la course à la performance à tout prix, entraîne les sportifs dans la voie du dopage forcené.

    Le seul critère de cette course est le marché qu’elle génère. L’enjeu financier est considérable à tel point que le sevrage doit se faire dès le berceau via l’école.

    Les écoles ayant les meilleurs sportifs sont les plus à même de lever des fonds via le sponsoring. Le service public de l’éducation étant destiné à se réduire à l’état et à l’Etat minimal, il devient nécessaire de trouver les sources de financement.

    En fait, il s’agissait surtout de faire sauter le samedi, la question de l’école le mercredi matin pose débat mais n’est pas un problème. Enfin, n’était.

    Sarkozy a profité des revendications de gauche pour orienter les horaires des enseignants (je parle essentiellement du primaire) vers ce que préconise l’Ocde et qui est toujours un leitmotiv : plus d’adaptation à l’élève.

    Ainsi le temps du samedi a été reporté sur les heures de soutien scolaire du soir, et/ou les réunions pédagogiques, le projet éducatif mondialiste s’appuyant sur les « sciences de l’éducation » qui contraignent aux projets collectifs.

    L’enseignant ayant au final moins d’heures de présence en classe, on pouvait de plus, sinon admettre du moins mieux faire passer, une baisse de pouvoir d’achat compte tenu de la non relation entre salaire et augmentation du coût de la vie.

    La gauche par ses réseaux éducatifs s’est plus ou moins positionnée sur l’école des cinq jours sur le mercredi matin pour diverses raisons pédagogiques et politiques.

    Il faut au moins donner l’impression de changer les choses pour expliquer pourquoi l’école d’aujourd’hui ne fonctionne pas, entraînant toujours plus de distorsion, enfermant les enfants dans un déterminisme de classes quand son rôle était de les émanciper et justement de faire éclater ce clivage.

    Les rythmes scolaires correspondent à ce prétexte, pour mieux justifier de ne pas toucher au problème réel qui est un problème essentiellement de fond reposant sur les pseudo sciences de l’éducation elles-mêmes qui ne font pas leurs preuves, mais dont la seule remise en cause serait de les poursuivre par une toujours plus grande fuite en avant.

    Mais maintenant la semaine des quatre jours devient un acquis et difficile de revenir dessus ainsi.

    D’après l’avenir éducatif scolaire qui se lit dans le marre de l’Ocde, c’est le principe de l’autonomie des établissements qui va trancher.

    Le statut de chef d’établissement pour les directeurs d’école est dans les tuyaux et est revendiqué par les concernés, question de temps et de débats blablas pour faire semblant de discuter là encore, le projet passe par l’UE, on ne nous laissera donc que le choix des modalités d’application.

    Là encore, les « sciences » de l’éducation permettent l’assise puisque le statut de chef d’établissement est corrélé au principe de « projet d’école » si cher aux enseignants « modernes ».
    Cela leur laisse un semblant d’autonomie (de-faire-comme-tout-le-monde et surtout comme-on-le-leur-impose sans qu’il n’y paraisse).

    On leur laissera ainsi le choix du rythme scolaire.

    Cela s’inscrit donc bien à nouveau dans les projets de l’Ocde de différenciation pédagogique et d’autonomie régionale.

    J’avais déjà expliqué en quoi le statut de directeur d’établissement pour le primaire facilitera par techniques juridiques le glissement vers la privatisation larvée de l’éducation, en glissant du statut de Service Public à Etablissement Public Administratif puis Etablissement Public Industriel et Commercial, puis éventuellement Société Anonyme sur l’exemple du CNED, Aéroport de Paris, EDF GDF, etc., ici :

    http://orianeborja.hautetfort.com/archive/2011/10/15/l-ecole-a-l-epreuve-des-pieges-mondialistes-dernieres-nouvel.html

    Sur les postes créés, ils correspondent là aussi à la demande de l’Ocde pour mettre en route l’école à multi vitesses, salaires minimum pour des postes d’encadrants essentiellement (l’évolution des TICE permet ce glissement) et privatisation larvée, le Statut de directeur le changeant idéologiquement en chef d’entreprise qui gèrera son personnel, sa masse salariale et son « Partenarit Public-Privé », partenariat inscrit dans les principes du Nouvel Ordre Educatif Mondial, et qui permet l’adéquation -comme demandé- de la formation à la demande du marché.

    http://www.nationspresse.info/?p=140070

  • Bien mal acquis ne profite jamais

    ocde_chatel1_159925_54.jpgLuc Chatel, notre directeur marketing passé de l’Oréal à l’Education dite Nationale tient à faire une rentrée en fanfare et en fanfaronnade.
    L’intitulé fait son petit effet, fut-il d’annonce : Le retour de la morale, Episode II.
    Sonnez tambours, jouez trompettes, pas un media ne manque à l’appel (d’air ?), il s’agit de ne pas faire mauvaise impression le jour de la rentrée, les fayots sont au premier rang, de toute façon chacun a intégré que le chauffage du fond de la classe n’était plus assuré par l’institution, si on garde l’idée de ces classes de petits écoliers africains sur terre battue, il existe sous nos contrées des classes où l’on garde son manteau l’hiver avant d’entrer, les coupes sombres dans les services publics ne sont un phantasme que pour ceux qui ont gardé la foi du débutant.
    Chat échaudé craignant l’eau froide, nous examinons d’un œil circonspect, la dernière rengaine gouvernementale.
    D’aucuns diront que Luc Chatel en père la morale, court après les voix du Front National, mais regardons-y de plus près.
     

    L’oisiveté étant mère de tous les vices, Luc Chatel s’occupe, il reste un peu de temps en fin de mandat pour s’apercevoir qu’on laisse la place dans un état encore plus lamentable qu’on ne l’avait trouvée, c‘était donc apparemment possible.
    L’Education nationale, c’est comme le gouvernement, ce n’est même pas un QCM, c’est un loto, il suffit de cocher les cases sans grande conviction, le tout étant de faire des ronds de manche, de la promo vite fait bien fait, et tant pis si le consommateur de camelote Ump se retrouve avec un produit fabriqué au rabais dont on ne garantit même plus les vices cachés.

    La mesure aura certes amusé la galerie des chaisières.
    « Enfin », disent-elles, « il était temps ».
    Comme si le sacro saint retour de la morale accordait des gages de sainteté et permettait au gouvernement de se faire donner le bon dieu sans confession.

    Pour déceler le bon grain de l’ivraie, il reste une méthode simple même si peu académique : aller voir ce qu’en pensent les tenants des pseudo sciences de l’éducation, celles qui ont tout fait, sauf leurs preuves, mais qui garantissent aux scienteux, l’étoffe de la vérité, et tant pis pour le protocole si le postulat est erroné, chacun sait que l’on peut bâtir les plus belles idéologies sur les moins solides fondements.
    Ils racontent que cela se fait déjà, que cela participe du « savoir-être » et du « vivre ensemble », les mots racines de la novlangue éducative.
    Pour les apôtres de l’introduction de la philosophie (n’ayons pas peur des mots) dès le jardin d’éveil, c’est du pain béni.
    On avait du mal à revêtir les débats-blabla et autre « vie scolaire » d’une dimension sérieuse et pour cause, voilà encore une idée dont la gauche a rêvé et que la droite a réalisée, les voici propulsés discipline à part entière pour laquelle les pédagogistes sont entièrement partie.

    Il faut bien comprendre que la concomitance de la montée de la violence scolaire et au-delà ( l’école mène à tout), est absolument à mettre en parallèle avec la montée en puissance des prétendues sciences de l’éducation.
    L’enfant au centre, c’est le pendant scolaire de l’enfant-roi des Dolto et consorts.
    Il construit son propre savoir, il détruit ses propres devoirs.
    La réalité revenant souvent au galop, on ne tardait pas recevoir en pleine figure (au sens propre comme au figuré), les retombées de ce système d‘apprentissage.
    Le cher enfant n’ayant pas manqué de faire valoir l’étendue de sa grande culture de barbare et à faire le coup de poing.

    On allait lutter contre la violence, ce qu’il va falloir démonter.

    L’histoire de la violence a beaucoup rapport à notre histoire du droit.
    Au commencement furent les ordalies, la justice se mêlant à l’ignorance, on condamnait le présumé coupable à toutes sortes de joyeusetés, on pouvait ainsi le jeter à l’eau pieds et mains liés, s’il remontait à la surface, c’est qu’il était forcément innocent, (Justice expéditive qui refait parfois surface, elle, si d’aventure on admettait que Ben Laden ait vraiment été jeté à la mer, une chose est certaine qu’il n’est jamais remonté, il devait donc être coupable).

    Puis, les mesures ayant fait leur temps et sans doute quelques dégâts, on passa à la justice supérieure, si la Loi des Douze Tables consacre encore la Loi du Talion : « Si on a estropié un autre et qu’on n’a pas conclu d’accord à l’amiable avec la victime, que la peine du Talion (œil pour œil, dent pour dent) soit appliquée », certaines mesures marquent une évolution : « Si quelqu’un casse les os d’un autre à la main ou grâce à une massue, que la peine soit de 300 sesterces, si c’est un esclave, 150, s’il a fait un simple mal, vingt-cinq ».

    En cas de crime, se pratiquait encore l’éventuel abandon noxal, on laissait à la victime le soin de se venger comme il l’entendait, le père pouvait ainsi éventuellement livrer son enfant afin d’éviter de payer, c’était mieux que la guerre privée.

    On se demande parfois s’il n’existe pas quelques résurgences par ci par là, de notre droit archaïque, voire même une régression, le fait est qu’a priori la justice publique est venue se substituer à la justice privée et que la première est tout de même censée être supérieure à la seconde.
    La justice publique s’améliora par empirisme organisateur, le temps dans sa sagesse ne préservant que le meilleur.

    L’école évoluait de même, nous arrivions à transmettre dans des structures de plus en plus adaptées et nous étions arrivés bon an mal an, à devenir la meilleure école du monde, reconnue de tous.

    C’est dans les années 60-70 que nous allions ressentir le contre-coup de la victoire de 45.

    Il faut en effet remonter aux accords de Bretton Woods pour comprendre que se posent-là, les jalons d’une nouvelle domination, les vainqueurs organisent le monde tant à leur profit que bientôt à leur image, la Banque mondiale et le Fmi voient le jour, ce qui allait devenir l’Omc et l’Ocde sont en germe, ce sont les prémices du Nouvel ordre mondial.

    Financée par le plan Marshall, l’Ocde décidait dorénavant de s’occuper de tout, de toutes les normes auxquelles il nous faudra dorénavant nous conformer « jusqu’à la qualité de nos concombres » se vante-t-elle dans ses missions.

    Où l’on apprend aussi que l’Ocde qui s’occupe de productivité, est une bien bonne chose puisque comme l’affirme d’Ocde elle-même : « Les résultats obtenus sont impressionnants. En cinq décennies, depuis la création de l’OCDE, la richesse nationale a presque triplé aux États-Unis ». A titre de comparaison, notre PIB a stagné dans la même période selon l’Insee, tandis que pour la Commission Stieglitz (créée par Nicolas Sarkozy mais présidée par un membre de l’Ocde, un membre de la Columbia University et un autre de la Princeton University ), le produit intérieur brut de la France présente plutôt une baisse tendancielle de 6 à 1,5 % entre 1950 et 2008.

    Ce sont les organisations économiques et financières internationales issues de la guerre qui vont élaborer et contrôler les politiques des pays que l’on va dire alignés, les instances européennes leur servant de courroie de transmission, et notamment en matière éducative.

    Le grand changement qui allait s’opérer, était le basculement de l’instruction vers l’éducation.

    Pour certains milieux dits humanistes, c’est la Shoah qui fut le catalyseur.
    Jusqu’alors, on avait pensé à raison, que l’instruction des masses les préserverait de la barbarie, et voilà que l’Allemagne, instruite, tombait dans une horreur insoutenable.

    C’était sans doute mal connaître précisément, des premières expériences d’éducation globale qui y furent mises en application précisément tout au long de la montée du troisième Reich. On sait aujourd’hui, l’influence des sociétés théosophiques et anthroposophiques, la vogue des nouvelles formes d’éducation et autre «  pédagogie des maîtres-camarades  » dans les milieux nazis et l’expérimentation de masse des premières écoles appliquant ce que l’on appelle aujourd’hui les « sciences de l’éducation  ».

    En Allemagne la réflexion pédagogique a une longue tradition qui se manifeste par la fondation au XIXe siècle d’Universités pédagogiques (Pädagogische Hochschule (de)) dans toutes les villes universitaires. C’est dans ce cadre que la pédagogie nouvelle (Reformpädagogik) s’est développée. Les pédagogues qui ont le plus influencé la pédagogie nouvelle en Allemagne sont Georg Kerschensteiner et Maria Montessori. Il convient également de citer l’anthroposophe Rudolf Steiner et ses Waldorfschulen.

    Il est à noter qu’aujourd’hui, les associations libérales du genre de Sos Education et sa Fondation pour l’école, ne forment leurs « maîtres » qu’aux pédagogies nouvelles (bien plus rentables) et notamment Montessori, ceux qui croient encore que les libéraux ont des quelconques velléités de retour à l’école traditionnelle, font une terrible erreur de jugement.

    Il s’agit d’une manière de transmettre globale, à l’opposé des méthodes traditionnelles d’instruction qui partent toujours du plus petit élément en allant vers le toujours plus complexe avec force répétition pour ancrer les chemins synaptiques.
    Grâce aux progrès en neurosciences, on sait aujourd’hui comprendre davantage le fonctionnement de notre cerveau et expliquer ce que tant le bon sens que l’expérience nous dictaient auparavant.
    A savoir que le cerveau obéit à des lois, que sa structure en arborescence nécessite un apprentissage rigoureux et logique afin de fonctionner au mieux.

    Le but étant de créer le plus de chemins synaptiques afin d’activer les neurones entre eux.

    Or l’instruction, parce que fruit de l’histoire, correspond à l’imbrication étroite entre la structuration de notre cerveau ancestral et notre langue.
    C’est avec l’abstraction de la lettre grecque que naissait l’instruction, les méthodes d’apprentissage les plus à même de permettre l’accès à l‘analyse, la réflexion, la pensée; le grec ancien étant d‘ailleurs toujours, la langue de la pensée par essence.
    Avant, l’écriture s’apprenait de façon globale, seuls les scribes, par un travail de mémoire considérable, pouvaient se permettre de transmettre les acquis de l’histoire.

    De même, la tradition orale des pays du nord, ne permettait guère la transmission généralisée et l’évolution approfondie de la pensée.

    Socrate tenta de remettre en cause la transmission que nous appellerons traditionnelle des savoirs. Platon lui-même avait montré l’absurdité avec le petit esclave du « Ménon », de la maïeutique socratique selon laquelle on serait acteur de son instruction et tirerait tout de son propre fond. On oubliait vite que Socrate n’interrogeait que des adultes déjà instruits.
    Socrate posait les bases de l’éducation globale, de la mise en recherche, de l’apprendre à apprendre, mettant la charrue avant les bœufs et voulant ignorer que l’enfant est en construction, que son cerveau n’est pas encore structuré pour accéder à la pensée.

    L’éducation globale se transmit jusqu’au XIX ème siècle dans de petits milieux aristocratiques.
    Des sociétés plus ou moins secrètes et fermées vont véhiculer cette idée d’éducation nouvelle qui connut donc un fort écho en Allemagne fin XIX, début XXème. On sait aussi qu’elles influencèrent Ron Hubbard, le maître de la scientologie, et ainsi jusqu’aux pédagogismes actuels.

    Ce genre d’éducation préconise de laisser l’enfant construire à son rythme son propre savoir.

    Pour certains milieux intellectuels tenants du village planétaire, l’explosion démographique du XXème siècle fut prétexte pour décréter que, devant la masse, il ne serait plus possible d’instruire et qu’il était préférable, et alors même qu’ils admettent la faiblesse de l’éducation globale, de préférer l’éducation à l’instruction.

    En ce sens, les méthodes globales remplaçaient ou se mettaient au niveau des éducations religieuses.
    Le processus est le même, on propose une pensée prémâchée.
    Le procédé est juste inapproprié à notre fonctionnement neurobiologique pour nous permettre l’accès à l’analyse.

    Les religions sont a priori destinées à transmettre le bien, mais sur des personnes non instruites, elles contiennent le danger de leur faire suivre bêtement des dogmes.

    Ainsi, l’introduction de la morale à l’école n’est qu’un leurre.

    On dit que : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », il se pourrait bien que cette forme de pseudo conscience sans science le soit bien davantage et que la connaissance transmise de façon rigoureuse soit seule à même d’éduquer, c’est bien l’instruction qui éduque.

    A ce propos, il convient comme toujours de définir les termes et faire la différence entre «  la morale, celle des Grecs, celle qui provient d’une éthique, d’une réflexion personnelle, d’exigences à son propre égard, et la moraline, forme dégradée de la première qui lui substitue une série de règles formelles et de système de culpabilité, remplaçant du même coup la responsabilité individuelle par l’observance de recettes ».

    L’école ne devrait pas parler de morale, seulement de comportements exemplaires que l’on félicite et met en avant, et de sanctions le cas échéant, ce qui ne sera JAMAIS fait car contraire à l’idéologie des pseudo sciences de l’éducation.
    Elle doit surtout instruire, donner les outils qui permettent la réflexion, ce qu’elle ne fait plus au profit d’une éducation globale abrutissante.
    La prime est au semblant et au superficiel.

    L’inflation de violence est parallèle à celle des débats bla-bla et autres séquences vie-scolaire qui hantent nos écoles.

    Luc Chatel s’inscrit totalement dans l’idéologie égalitariste des prétendues sciences de l’éducation et du comportement qui ont tout fait sauf leurs preuves.

    Mais il n’y a rien d’étonnant à cela, ce « Créateur d’écoles », reste toujours un directeur de marketing, c‘est un vendeur d‘écoles.

    Il fut membre de ces réseaux libéraux copiés du modèle-mère anglo-saxon, qui militent pour des écoles à la carte qui s’inscriront parfaitement dans le marché éducatif, tout comme François Bayrou au passage, pour ceux qui croiraient que ce dernier proposerait un modèle différent .

    Luc Chatel n’est pas là pour nous rendre notre école à la française, il est là pour finir de la saborder et nous refourguer un kit éducatif clef-en-main au service de l’Ocde et sa formation tout au long de la vie tant vantée par Martine Aubry.
    L’Umps ne joue le rôle que de la caisse enregistreuse des programmes éducatifs des organisations économiques et financières internationales qui les élaborent et les contrôlent notamment via le rapport Pisa.