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  • Simone Veil ou de la relative déification des personnages de l'histoire de France

    Monsieur Hulot est-il un grand homme ?
    Aux heures où l'on comprend l’arnaque écologiste du vendeur de shampoings toxiques présentateur de TF1 sponsorisé par les grands groupes financiers, on se demande si, malgré cela, il pourrait finir au Panthéon.

    Pour madame Veil, on en s’est pas posé de questions.

    Madame Veil a connu une adolescence qu’on ne saurait qualifier, elle a connu la Shoah, qui signifie en hébreu qu’on ne peut même pas poser un nom sur cette horreur.

    Madame Veil a su combattre jusqu’à la Shoah en lui opposant, dans son esprit, une force bien plus puissante qui est la volonté de faire le Bien contre la lâcheté et l’ignominie de faire le mal.

    Madame Veil a su trouver cette ressource en elle, l’humain est capable du pire comme du meilleur et possède d’incroyables capacités de résilience, c’est, par delà l’innommable, l’espoir qui nous est permis.

    Madame Veil a-t-elle pour autant réalisé de tels exploits que la France ait à l’honorer comme ceux qui l’ont fondée ou consolidée.

    Il faut avoir fait quelque chose de remarquable pour la France pour mériter d’être inhumé au Panthéon.

    Madame Veil a contribué à inscrire notre civilisation dans une politique de santé publique.

    Des femmes mourraient de ne pas trouver assistance dans leur désarroi, l’avortement se pratique de tout temps et sous toutes les latitudes, même sous les cieux gouvernés par la religion qui l’interdit.

    Les avortements clandestins entraînaient le pronostic vital des femmes, et les avortements se pratiquaient à l'étranger pour ceux qui en avaient les moyens.

    L'avortement, involontaire ou volontaire, est vieux comme le monde, partant de là, on peut, soit le prendre en compte, soit faire l'autruche, les libéraux cons jouent à ces oiseaux de malheur.


    Contrairement à ce qui a été véhiculé, la Loi Veil est une loi sur la vie.


    Son premier alinéa et donc le principal, rappelle ce grand principe.

    Le principe, c'est la vie, l'avortement est l'exception, et toutes les mesures doivent avoir été prises pour que ce soit l'ultime recours.

    Non, toutes les grossesses ne sont pas prévisibles, un oubli de contraception est fréquent, cela arrive aux femmes les plus attentives, les préservatifs ont un coût (même si certains députés n'ont visiblement pas toujours conscience de la façon dont les Français les plus pauvres finissent les fins de mois), et la pudeur même peut amener à une grossesse.

    L'arrivée au monde d'un enfant, s'il est le plus merveilleux des événements, ne peut malheureusement pas toujours être envisagé sous les meilleurs hospices, si l'idée d'un contrôle des naissances est détestable, la lourde responsabilité d'une vie peut être remis en cause.

    Lors de son discours devant les députés, Simone Veil a déclaré :

    « Je le dis avec toute ma conviction : l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue. Mais comment le tolérer sans qu'il perde ce caractère d'exception, sans que la société paraisse l'encourager ? Je voudrais tout d'abord vous faire partager une conviction de femme - Je m'excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d'hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. Il suffit d'écouter les femmes. »

    Je serais plus réservée sur l'usage fait de cette loi par certains groupes de pression, et rappelle qu'aux USA, des mouvements d'extrême-droite voient et organisent sournoisement des campagnes allant jusqu'à la stérilisation de certaines parties de la population.


    Je ne m'attaquerai pas à Simone Veil sur ce sujet, de même que je ne suis pas dupe du fait qu'il serve de prétexte à l' expression d'un antisémitisme révoltant.
    Je rappelle d'ailleurs que ce qui déplaît le plus aux libéraux cons n'est pas tant l'avortement en lui-même, que l'intervention de l'Etat qu'ils exècrent. Pour ces gens-là, Dieu doit se substituer à l'Etat, ou plutôt, il est inadmissible que l'Etat se substitue à Dieu.

    Cela étant posé, je m'interroge légitimement sur la personnification de cette loi dite Veil, en réalité loi voulue et dictée par Valéry Giscard d'Estaing.

    Pour ne rien dire du paradoxe étant donné les liens opusiens des centristes (qu'ils se nomment UDF ou autrement) dont Philippe de Villiers était d'ailleurs membre.

    Certes Simone Veil a porté ce combat, avec la force sur laquelle VGE comptait.

    Il avait dans un premier temps souhaité madame Giroud mais cela aurait gêné dans son propre camp étant donné les penchants politiques opposés de la féministe.

    Madame Veil fut d'ailleurs féministe à son corps défendant, et le genre à la mode aura toujours quelques difficultés presque non avouables à défendre l'idéologie très droitière d'une Simone Veil que l'on retrouvera quelques années après, aux côtés de rien moins que La Manif Pour Tous (ce que les lecteurs attentifs de mes analyses comprendront fort bien).

    Le fait est que c'est madame Veil qui fut choisie pour la joute parlementaire, et qu'elle ne partagea pas le morceau.

    N'oublions pas qu'un tel personnage mène une carrière politique et que l'affaire ne se mène pas sans quelques cartouches dans sa besace, dans ce milieu, il faut être prêt à tuer politiquement aussi bien dans le camp adverse que dans le sien propre, et chacun sait ce qu'il en fut en l'occurrence.

    Le ministre Simone Veil accomplit donc sa mission brillamment, comme nous le savons, elle a su échapper à des situations d'une dimension tout autre et même pas comparable.


    Si la condition des femmes a matériellement et symboliquement avancé d'un pas de géant sous son entremise, madame Veil ne fut que le messager d'une législation et aspiration qui la dépassait largement.


    Mais bien pire encore fut son implication dans le démantèlement des attributs de souveraineté de notre Etat qui ont fait la France.

    Je ne doute pas que madame Veil ait été entraînée dans l'idéologie libérale en pensant bien faire, elle avait compris que la plus grande vengeance contre les forces du mal était de faire le bien qui est d'une incommensurable plus grande puissance.

    Cependant, sa volonté de pardon et de réconciliation l'a entraînée dans le piège économiste qui fait de l'idéologie libérale son appât et son vecteur de transmission d'un alignement sur une pensée étrangère à la France, étrangère à l'esprit de nos lois, celui de l'unité et de la protection nationales.

    C'est sous le ministère du parti de Simone Veil que la France s'est vu dessaisir dans ses prémices de son attribut de souveraineté fondamental, celui de la monnaie.

    C'est via son européisme libéral que la France doit se ranger à l'abandon du politique au profit de l'économique et de connaître le chômage de masse, conséquence d'une autorisation de profits sans contrôle, le manque d'Etat révélant le cynisme de la logique de marché et obligeant les citoyens devenus entités individuelles et individualistes, à s'aligner ou à mourir.

    Cette même marchandisation de la société qui oblige à fermer des services publics, dont des maternités et donc des centres d'intervention volontaire de grossesse, par un retour de bâton, la santé publique et celle des femmes au premier chef, se trouve menacée et remise en cause !

    C'est avec la construction européenne tant défendue par Simone Veil et à son idéologie que la France perd tous les jours de son âme, madame Veil a beau avoir été une grande dame de courage et de ténacité, et tous de devoir se ranger à son idolâtrie quelque peu malsaine, je ne peux faire autrement que de regarder son action à l'aune de la grande Histoire de France puisque c'est de cela qu'il s'agit avec son entrée au Panthéon, et de me dire que l'action menée est bien plus destructrice que fondatrice.

    Admettons que dans les facéties de l'Histoire, madame Veil aura pris la place de VGE qui, Macron avant l'heure, se voyait aussi gros qu'un empereur, juste retour de ceux qui pensant utiliser les femmes, se retrouvent replacé par pantalonnade, à la case quasi de "rien" par rapport à "ceux qui ont réussi" à finir au Panthéon.